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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 11:24

Mme-EPOULOU--la-Conferenciere.JPGVue de l'assistanceJamêh Edou Biyogo entouré de Mme Epoulou

 

Dans le cadre de la clôture de la première phase de ses activités annuelles, la Délégation du Rassemblement Pour le Gabon du 1er Siège du 6ème Arrondissement de Libreville, à la tête de laquelle se trouve Djâmeh-Augustin EDOUH BIYOGO, a organisé une Conférence-débat dans la salle des mariages de la Mairie de Nzeng Ayong le 16 juillet 2010  sur le thème « Les habitudes alimentaires de nos enfants : quelles incidences sur leur santé ? ».

Cette manifestation, selon le Président EDOUH BIYOGO, rentre dans le cadre des activités statutaires de l’organe qu’il dirige. L’intéressé a appuyé ses propos par les dispositions des textes fondateurs de son Parti, notamment les articles 18 et 79 des Statuts et Règlement Intérieur du RPG  qui stipulent respectivement que « chaque militant doit établir des contacts permanents avec les populations et les aider à résoudre les problèmes de leurs collectivités ». Tout comme « sous l’autorité de son Président, le bureau de la Délégation est chargé, entre autre, de former et informer les militants, notamment par l’organisation des séminaires, ateliers, missions, etc. »

Cette Conférence-débat était animée par Madame Marcelle EPOULOU-MODIYA, Nutritionniste, Ancienne responsable du Centre National de Nutrition au ministère de la Santé, Présidente de l’Association Gabonaise pour la Promotion de l’Alimentation Infantile (AGPAI), actuellement à la retraite.

Selon le Président de la Délégation RPG du 1er Siège du 6ème Arrondissement de Libreville, cette conférence est la matérialisation de l’idée de la conception d’un projet susceptible de contribuer à l’éducation des familles gabonaises et à la protection de l’enfance par le biais d’une réflexion en rapport avec un des secteurs prioritaires de la philosophie de son Parti, comme de la vie de toute nation : la santé. EDOU BIYOGO et ses amis ont constaté que nos enfants sont devenus, chaque jour un peu plus, de grands  consommateurs de produits sucrés, salés et gras, mais dont la qualité et l’origine font couler beaucoup d’encre et de salive. Ce qui les expose aux maladies jadis peu connues telles que le diabète, l’hypertension artérielle, l’obésité, etc. Or c’est sur la jeunesse que repose l’avenir du Gabon. Face à ce constat amer, le Président de la Délégation du 1er Siège du 6ème Arrondissement s’est alors interrogé sur l’avenir de son pays si la frange la plus importante de sa population venait à être décimée par ces maladies. La situation, de son point de vue, n’est pas désespérée dans la mesure où nous prenons conscience que l’avenir du Gabon se trouve dans l’assiette de ses enfants. C’est cette prise de conscience, dira le Président, qui justifie le choix du thème de la Conférence.

Madame EPOULOU, de l’avis des responsables politiques du RPG, était la personne idoine qui devait donc faire comprendre l’ampleur du phénomène, attirer l’attention des populations de la circonscription politique concernée sur les multiples dangers qui planent sur la santé de leurs enfants. Toutes choses qui risquent, à plus ou moins longue échéance, de compromettre l’avenir du Gabon. Aussi devait-elle mettre un accent particulier sur les avantages à tirer d’une alimentation riche, variée et équilibrée.

Prenant la parole devant une assistance nombreuse comprenant des militants et hiérarques du Rassemblement Pour le Gabon ainsi que d’autres compatriotes intéressés, Madame EPOULOU a, avec beaucoup d’aisance et maestria, montré l’importance d’une bonne alimentation. Elle a d’abord fait remarquer que l’alimentation est négligée au Gabon au profit des médicaments tout en revenant sur la définition de la santé donnée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). En effet, la santé est définie comme un état complet de bien-être physique, mental et social. D’autre part, elle a rappelé que durant son parcours professionnel, il lui est souvent arrivé de rencontrer des enfants mal nourris avec la peau sur les os. Les sorciers ont souvent été injustement accusés d’être responsables de leur état. Notre état de santé, a-t-elle rappelé, dépend, en grande partie, de notre alimentation. La bonne alimentation, selon la Nutritionniste, doit commencer dans le ventre. Elle se poursuit, à la naissance, par l’allaitement maternel. Elle a exhorté les femmes à donner le sein à leurs enfants et à tourner le dos au lait de vache. Par la suite, il est demandé de donner progressivement notre alimentation traditionnelle aux enfants afin d’assurer leur protection.

La Conférencière a présenté trois types d’aliments qui doivent figurer dans chaque repas quotidien :

-         Les aliments de force : banane, tarot, igname, maïs, huile ;

-         Les aliments de croissance et d’entretien : poisson, viande, lait (en poudre ou en liquide) ;

-         Les aliments de protection : légumes et fruits qui procurent des vitamines et renforcent notre système de défense.

Elle a dénoncé les méfaits de la publicité. Cette dernière influe sur nos choix alimentaires et nous incite à consommer des produits nocifs à notre santé. Afin d’éviter la fragilisation de nos vaisseaux sanguins, Madame EPOULOU nous recommande de boire beaucoup d’eau et d’éviter la consommation des produits trop sucrés ou trop salés. Elle nous propose de consommer des produits riches en vitamine A tels que la papaye, l’huile de palme rouge non chauffée, tous les fruits à coloration jaune pour protéger nos yeux. Il faut également éviter de trop faire consommer la viande aux enfants.

L’assistance a été visiblement satisfaite par la prestation de la Conférencière. Elle a souhaité que de telles rencontres se multiplient pour le bien de tous. Une collation a mis un terme à cette manifestation.

 

Léonard MBA ESSOGHO

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 02:49

Ce texte est un extrait de la publication de Paul MBA ABESSOLE intitulée « LE GABON OU LE MALENTENDU PERMANENT » (pp 26-30)

 

La Conférence Nationale s’est tenue à Libreville du 23 mars au 19 avril 1990. Cet évènement n’est pas tombé du ciel. Il est le résultat des discussions secrètes entre quelques gabonais de bonne volonté autour du Président de la République. Il ne faisait pas de doute, que depuis presqu’une décennie, les gabonais, qu’ils fussent du régime ou pas, ressentaient profondément le besoin de se retrouver afin de se réconcilier. En tous cas, c’est ce que je ressentais moi-même, intérieurement. Aussi, en conclusion de ma confér

 

ence de presse au compte du MORENA à Paris, le 8 août 1983, avais-je lancé un appel à la réconciliation nationale. A mon sens, cela devait, à cette époque, passer par :

 

 - une amnistie générale et totale de tous les prisonniers et opposants politiques ;

- une prise en compte immédiate du profond désir de changement du peuple gabonais. Et par conséquent, la convocation d’une table-ronde entre le MORENA et le PDG, sur la démocratisation du pays ;

- la liberté laissée à la création de partis politiques et par conséquent l’abrogation de l’article de Constitution instituant le parti unique…

 

L’on peut imaginer quelle fut ma joie d’apprendre que le Président de la République m’invitait à une Conférence où tous les gabonais pouvaient se retrouver pour décider ensemble de leur avenir. Cela correspondait tout à fait à ce que j’avais souhaité depuis sept ans. J’espérais que, cette fois-là, nous n’allions plus rater ce rendez-vous.

 

 La Conférence s’ouvrit, le 23 mai, par un discours du Président de la République. L’objectif que le Chef de l’Etat lui assignait était de poser les bases d’un vrai système démocratique. Pour cela, nous devions passer par une période transitoire d’apprentissage des mécanismes et des principes régissant une démocratie multipartiste, si nous voulions éviter à notre pays un avenir incertain qui laisserait libre cours à l’arbitraire. Selon le Chef de l’Etat, pour travailler à la mise en place de ce nouveau système, il fallait « faire preuve d’honnêteté, de franchise, d’humilité et d’objectivité… » La création d’un rassemblement était nécessaire. Celui-ci devait servir de cadre « nouveau et approprié où se retrouveraient les gabonais de toutes les conditions et de toutes les opinions dans le cadre des courants politiques en vue de préparer dans l’harmonie l’avènement du multipartisme… ». On avait prévu, pendant la période transitoire, la mise en place d’institutions nouvelles et la construction d’une société civile active.

 

 Le discours du Président de la République était clair et imprégné de la sagesse d’un homme avisé. A-t-il été compris ? Pas du tout ! Une fois de plus, nous avons erré. La voie tracée, simple, logique, pleine de bon sens, fut refusée. Au lieu de penser d’abord au Gabon, on a privilégié les intérêts individuels. Comment pouvait-on imaginer, un seul instant, qu’on pût changer les mentalités façonnées pendant 23 ans de système monopartiste dans l’espace d’une Conférence Nationale qui a duré 27 jours ? Le bon sens recommandait normalement la prudence. Mais un groupe de cadres excités, imbus d’eux-mêmes, firent des pressions sur l’ensemble des participants pour jeter aux orties le fruit de la réflexion de plus d’un mois. On refusa donc les statuts du Rassemblement que la Conférence devait amender et adopter. Le Rassemblement Démocrate Gabonais devint caduc et l’on s’engagea dans une aventure. Des intellectuels de haut et de bas niveaux se déchaînèrent pour chanter leur victoire avec des effets de manche ou avec des coups de menton. Ils ignoraient que ce qu’ils avaient chanté comme victoire était, en fait, une défaite de plus pour le Gabon et pour les Gabonais.

 

 Un groupe, cependant, limita les dégâts en empêchant que la Conférence ne fût souveraine. J’en étais. Notre argument : « Personne de ceux qui participaient à la Conférence n’avait été mandaté par le peuple, on n’avait donc nullement le droit de décider souverainement ».

 

Les débats continuèrent sous le sceau de l’orgueil. On prenait la parole pour montrer qu’on savait parler. On voulait avoir raison des autres. On voulait dominer à tout prix. Le Gabon fut oublié au profit de l’obtention du multipartisme sans qu’on se posât la question de savoir ce qu’il adviendrait après. Des gens montaient à la tribune pour s’exprimer et non pour exprimer des idées. Ceux qui avaient été les grands chantres du monopartisme se sont transformés en grands pourfendeurs du système qui les avait fabriqués. J’imaginais le Président de la République suivant chez lui tous ces débats à la télévision. Il voyait tels ou tels pour qui il avait tout fait, à commencer par intervenir pour qu’on leur décernât leur diplôme dans telle université occidentale. Ils se croyaient des phénix de cette tribune. Naguère lâches, mouchards, ils se prenaient pour des héros dans la conquête d’un multipartisme que le Président avait déjà décidé dans son for intérieur.

 

Un point positif sortit tout de même de ce tintamarre : la charte des libertés.

 

 

Enfin arriva le 19 avril 1990. Le Président décida de clôturer la Conférence. C’est à ce moment-là que la tare originelle des gabonais allait de nouveau réapparaître. Deux camps antagonistes. Dans une salle, les partis dits de l’opposition, réunis dans le FUAPO et nous MORENA des Bûcherons, dans l’autre, les partis proches du PDG. C’est dans la grande salle de la Cité de la Démocratie que le Président de la République allait prononcer le discours de clôture.

 

Me vinrent alors à l’esprit des souvenirs de notre histoire, notamment celui de la manière dont nous avons pris notre indépendance, le 17 août 1960. J’eus peur pour notre pays. Il ne fallait pas l’engager à cet instant précis, dans une aventure vécue par des gens divisés. C’est ainsi que je demandai à mes amis de sortir de la salle où était réunie l’opposition pour aller dans celle de la majorité présidentielle. Nous devions exprimer notre volonté d’unité quitte à ce que, par la suite, nous défendions notre identité. Mais le mal était déjà consommé. Un autre grand tournant de notre histoire était raté.

 

Le Président de la République prononça son discours de clôture, sans doute, avec un pincement au cœur. Il reconnut, en effet, que cette Conférence n’avait pas « répondu avec plénitude à un appel au rassemblement. Mais peu importe, du moment que le Gabon en sortit vainqueur et plus fort que jamais… »

 

La Conférence Nationale n’a malheureusement pas été pour nous une occasion de faire l’unité, mais plutôt un départ de plus en ordre dispersé. Tout compte fait, cette rencontre n’a pas été un succès par rapport à l’idée que le Président de la République s’en était fait, à partir des négociations entre lui et le MORENA. Il avait donné une orientation mais les participants en ont pris une autre. Décidément, une force obscure nous tient pour nous empêcher d’arriver à des consensus forts et de bâtir notre destin. La belle unité à laquelle nous avions rêvé s’était transformée en illusion.

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 01:28

 

 

Au regard d’une série d’articles parue dans ses colonnes, on serait tenté de dire que « le Quotidien gouvernemental gabonais» s’oppose désormais à tout ce qui concourt au renforcement du camp présidentiel. Cette opération de sape a commencé durant la période de transition, à la veille du scrutin du 30 août 2009. Les Gabonais se rappellent que le Directeur de la Publication et de la Rédaction a dû passer quelques heures dans les bureaux du B2 pour s’expliquer sur les dérapages relevés dans son journal. Un de ses collaborateurs vient d’être condamné par le tribunal de Libreville pour diffamation. Un autre fait nous incite à nous interroger sur le positionnement réel du journal L’Union. En effet, l’on constate que le Président de la République s’organise afin de rasséréner le climat politique dans notre pays. Aussi cherche-t-il à associer des compatriotes de bonne foi, soucieux de l’avenir de notre pays, à la gestion des affaires publiques, pour hisser le Gabon au rang des pays émergents. C’est dans cette veine que le Chef de l’Etat a sollicité la contribution du Président du Rassemblement Pour le Gabon (RPG), le Père Paul MBA ABESSOLE, qui a accepté, avec ses amis, de participer activement à la mise en place d’une nouvelle majorité. Il s’agit de la Majorité Républicaine pour l’Emergence qui doit faire la promotion de la solidarité républicaine. Alors que le Président Ali BONGO ONDIMBA renforce son camp politique, certaines personnalités politiques, travaillant à ses côtés, mues par des intérêts égoïstes, utilisent les journalistes de l’Union pour déstabiliser la nouvelle majorité qui vient à peine de se mettre en place. Après avoir financé la campagne électorale des candidats de l’Union Nationale (UN), surtout celui du 1er Siège du 2ème Arrondissement de Libreville et distribué de fortes sommes d’argent aux électeurs de cette circonscription pour qu’ils tournent le dos au candidat de la Majorité Républicaine, Paul MBA ABESSOLE, ces personnalités utilisent l’Union pour noircir l’image du Président du RPG. Le contenu des différents articles publiés vise à dresser les militants du RPG contre leur Président en leur faisant croire que ce dernier a fait un mauvais choix en acceptant de travailler avec le PDG. Ces articles ont également pour objectif d’opposer le RPG au PDG pour que la Majorité Républicaine vole en éclats. Les commanditaires de ces articles cherchent, par tous les moyens, à faire sortir Paul MBA ABESSOLE de la Majorité Républicaine pour l’Emergence, pour que les mêmes personnes dénoncent « la versatilité du Président du RPG ». C’est pourquoi, dans une interview accordée à l’Union, à la veille des élections partielles, André MBA OBAME, au fait du plan concocté, déclarait que le RPG allait bientôt retrouver l’Union Nationale (UN). Comment et pourquoi ? Seul AMO peut répondre à cette question. On essaie de faire croire aux gens, comme on le fait d’ailleurs depuis 1990, que MBA ABESSOLE ne représente que l’ombre de lui-même, que son Parti n’aurait plus de militants et que le RPG ne peut plus rien apporter à la Majorité Républicaine pour l’Emergence. D’où ces nombreux articles qui reviennent sur  "la défaite de Paul MBA ABESSOLE aux élections partielles". Faut-il rappeler au journaliste qui se cache derrière les initiales J-C.A que le leader du RPG n’avait pas de mandat au moment où il s’est présenté à l’élection législative partielle du 6 juin dernier. Le RPG n’est pas un bateau ivre. Depuis 1990, le Parti dirigé par MBA ABESSOLE a toujours conservé son groupe parlementaire. Combien de partis l’ont fait ? Si J-C.A était un grand homme politique, pourquoi ne crée-t-il pas le sien pour appliquer les orientations qu’il donne à un leader qui a fait plusieurs fois le tour du Gabon par voie terrestre et fluviale en discutant avec les notables de tous les villages. J-C.A doit savoir que MBA ABESSOLE n’est pas le Gabonais le plus imbécile. C’est un homme complet. Ils ne sont pas nombreux, ceux qui ont un C.V. comparable à celui du Président du RPG. C’est un homme politique qui connait bien les réalités de son pays et qui ne prend des décisions irréfléchies. C’est une personnalité respectable. Les agitations de quelques individus payés pour l’insulter n’affectent nullement la dimension de l’homme. Ce ne sont pas les manœuvres sordides des personnes en mal d’inspiration qui viendront à bout de la détermination du leader du Rassemblement, promoteur de la solidarité républicaine.

 

NLÔ MVOU

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 10:23

Cette première rencontre avec le Président de la république fut la base de tout ce qui devait suivre. Il la conclut ainsi :

« Votre manifeste, nous allons le lire et l’appliquer ensemble ici, non pas vous là-bas et moi, ici. Nous ferons une petite révolution sur nous-mêmes. Je veux avoir l’avis de tout le monde ». La Conférence Nationale était sous-jacente… !

            Mais avant que l’on sache l’avis de tout le monde, une équipe fut mise en place. Elle était composée des militants du PDG et du MORENA. Nous nous mîmes au travail pour préparer la rencontre nationale. Il fit, à cet égard, rédiger une proposition des statuts du cadre à l’intérieur duquel, pensions-nous, il fallait travailler pour arriver progressivement au multipartisme intégral. Ce sont ces statuts que nous allions proposer à l’approbation de tout le monde. Naturellement, nous comprenions bien qu’on pouvait y apporter des amendements. Notre souhait essentiel était d’arriver à un consensus qui nous aurait permis d’avancer ensemble dans le respect de la sensibilité de chacun.

            Mais, pendant que nous discutions, je sentis que des fissures allaient se faire au sein du MORENA. Jean-Marie Nguema Mintoghe, certainement de connivence avec Oyono Aba’a et les autres étaient devenus tellement intransigeants que si on avait suivi leur point de vue on aurait arrêté purement et simplement les négociations. Les amis de Nguema Mintoghe commencèrent à répandre dans l’opinion que j’étais un traître, que je cachais ce que le Président Bongo me disait, que j’avais adhéré au PDG et que je travaillais pour la disparition du MORENA. C’est dans cet esprit que, lors d’une de leur réunion, le 22 janvier 1990, ils prononcèrent mon exclusion du MORENA qui n’avait même pas encore d’existence légale au Gabon.

            Puis commença alors une campagne contre moi, soutenue et répercutée même dans l’Eglise du Gabon par un frère dans le sacerdoce, l’Abbé Noël Ngwa Nguema. Celui-ci fut le rédacteur d’un brûlot « Le pari gagné » contre moi, publié le 5 mai 1990. Par cet écrit, il voulait en finir, une fois pour toutes, avec Paul Mba Abessole pour qu’on parle des choses plus sérieuses. Il fallait dévoiler autant que possible ses turpitudes passées et présentes. On devait comprendre qu’on ne pouvait pas me faire confiance.

            Je ne répondis à aucune attaque. Mais je n’en étais pas moins peiné, surtout que cela était orchestré par un prêtre comme moi. Une certaine opinion pensait qu’il fallait combattre un prêtre par un prêtre ! Tout cela ne m’ébranla pas, j’avais à côté de moi deux rocs : Jean-Marie Aubame-Ndong et jules Mbah-Bekale, tous deux anciens prisonniers du MORENA. Ils ont toujours été avec moi face à tous les assauts dirigés contre moi.

            Tous me disaient « Garde ton courage. Souviens-toi de ce qu’a subi Léon Mba. Il a été condamné à l’exil sous l’instigation de ses frères Fang et de ses amis Pongwé, puis déporté en RCA. Ses adversaires ou ennemis croyaient en avoir fini avec lui, mais il est revenu. Souviens-toi aussi de Jean Hilaire Aubame. Tant que tout allait bien pour lui, il était adulé et respecté par tous mais après 1964, il était même fui par ses amis. ». A ces encouragements, j’ajoute une réflexion que me fit le Président Omar Bongo, au cours d’une audience, par rapport aux manœuvres d’intimidation dont j’étais et suis encore victime aujourd’hui. « Paul, tu vas maintenant connaître nos compatriotes ; il ne faut pas attendre qu’ils te soient reconnaissants. Fais seulement le bien que ton cœur t’inspire. Fais le pour le pays. C’est tout… ».

            Comme je m’y attendais, le divorce fut consommé entre notre MORENA et celui d’Oyono Aba’a (MORENA originel) et celui de Jean-Pierre Nzoghe-Nguema que nous appelions MORENA calebasse cassée. Oyono Aba’a et Max Mebale étaient, en effet, entrés au Gouvernement formé, le 26 novembre 1990, après les élections législatives d’octobre 1990. Celui à la tête duquel j’étais s’appelait le MORENA des Bûcherons. Les rivalités étaient telles qu’on voulait même interdire  que ma fraction ne porte pas le nom du MORENA. On l’avait écrit au Ministre de l’Intérieur qui était alors Antoine de Padoue Mboumbou Miyakou. J’en reçus une copie, je ne sais plus par qui. La lettre signée de J.P. Nzoghe-Nguema demandait d’interdire que mon parti porte ce nom. Décidément j’étais la bête à abattre ;

            Informés de toutes les intoxications dont j’étais victime, Jean-Marie aubame-Ndong et Jules Mbah-Bekale, mes conseillers, me firent comprendre qu’il fallait préparer une déclaration à la télévision pour que l’opinion comprenne notre position. C’est ainsi qu’ensemble nous avons préparé une déclaration, datée du 24 janvier 1990, où nous exprimions notre satisfaction par rapport à la création d’une Commission Spéciale pour la démocratie dans le pays. Cela témoignait, à nos yeux, d’une avancée remarquable.

            Au vu de cela, nous avons accepté de participer à la vie politique nationale dans le cadre de la Majorité Présidentielle, selon les modalités à fixer par le Président de la République, Chef de l’Etat. Pour la première fois, le concept de la Majorité Présidentielle était émis. C’est dans ce contexte que nous avons préparé la Conférence Nationale. Je pressentis qu’on se préparait à reproduire tout ce que nous avions vécu depuis 1945. Toutes les divisions étaient là : dans l’opposition comme dans la Majorité. Chacun poursuivait ses intérêts partisans, mais n’avait que faire des intérêts communs.

 

                                        Paul MBA ABESSOLE

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 10:19

L’observateur averti de la scène politique gabonaise s’interroge aujourd’hui sur l’attitude des plus hauts responsables de l’Eglise Catholique du Gabon. Si, au temps d’Omar BONGO ONDIMBA, du fait de ses largesses à leur égard, l’Eglise Catholique du Gabon était jugée proche du pouvoir, tel ne semble plus être le cas aujourd’hui. Les méthodes de gestion du pays sont en train de changer. Le Seigneur Jésus n’a-t-il-pas dit « A César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »?

Le changement évoqué plus haut inquiète de plus en plus les dignitaires de cette Eglise de telle sorte qu’ils font, aujourd’hui, les yeux doux à l’opposition et plus précisément aux leaders de l’Union Nationale. Ils n’hésitent plus à apporter plus ou moins ouvertement leur soutien à ces leaders.

A titre de rappel, c’est à l’Archevêché de Libreville que  les leaders de l’Union Nationale alors membres de la Coalition tenaient leurs réunions secrètes à la veille de l’élection présidentielle anticipée du 30 août 2009. C’est de là qu’est née l’idée d’une candidature unique de l’opposition. Nous signalons que le candidat de l’épiscopat était connu d’avance. C’est celui qui s’était imposé aux autres par la corruption et qui continue, en dépit du fait que la Cour Constitutionnelle ait déjà vidé le contentieux électoral, de revendiquer une prétendue victoire.

Un autre fait confirme le soutien de l’Archevêché à l’Union Nationale. Le 6 juin 2010 alors que se déroulait l’élection législative partielle dans le 1er Siège du 2ème Arrondissement de Libreville où s’affrontaient le Père Paul MBA ABESSOLE, Président du Rassemblement Pour le Gabon (Majorité Républicaine) et Jean EYEGHE NDONG (Union Nationale), l’Archevêque de Libreville, Basile MVE ENGONE a retenu les électeurs de 7h30 à 17h pour une messe et une grande marche. Ce qui ne leur a pas permis d’accomplir leur devoir civique, étant donné que les bureaux de vote ferment à 18h. Epuisés par l’interminable messe et la longue marche, les fidèles n’avaient plus eu le temps d’aller voter. La conséquence de tout cela c’est le fort taux d’abstention enregistré dans la circonscription concernée, soit un taux d’abstention de 86,09%, le plus élevé de toutes les circonscriptions. Seuls 2456 électeurs sur 17651 ont accompli leur devoir civique. Mgr MVE ENGONE avait-il besoin de garder aussi longtemps les fidèles qui avaient par ailleurs d’autres obligations ? Comment interpréter une telle attitude ? Visait-elle particulièrement un candidat ? Seul Monseigneur l’Archevêque peut répondre à ces questions.

L’Eglise Catholique du Gabon devrait clarifier sa position actuelle pour sa crédibilité.

MEDZO MEBOUROU

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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 11:23

Causeries politiques du 1 juin 2010 au 2ème Arron-copie-2

Le texte qui suit est un extrait de  LE GABON OU LE MALENTENDU PERMANENT  publié par Paul MBA ABESSOLE le 04 avril 2007.pp 19-25

Dans cet extrait, l’auteur, Président du Rassemblement Pour le Gabon, fait état de ses premiers contacts avec Omar BONGO ONDIMBA en passant par sa rencontre avec le Général Samuel MBAYE qui a été, selon lui, le point de départ du processus de négociation entre le MORENA qu’il animait et le Président de la République.

 

La Conférence Nationale s’est tenue, à Libreville du 23 mars au 19 avril 1990. Elle n’est pas tombée du ciel, comme la pluie. Elle a été préparée d’abord dans l’ombre, du 27 avril 1989 en janvier 1990.

Ma rencontre avec le Général MBAYE, le 27 avril 1989, a été le point de départ du processus de négociation entre le MORENA que j’animais et le Président de la République. Mais j’étais loin de penser que l’engagement de ce processus allait progressivement creuser un fossé entre mes « amis » de Paris et moi. Pour moi, je ne pouvais pas décliner l’offre de dialogue du Président de la République Gabonaise, puisque ma lutte voulait que le régime gabonais prenne en compte toutes les sensibilités politiques du pays. Une occasion m’était donnée d’exprimer celle que j’animais, il fallait en profiter. Voilà pourquoi j’ai décidé d’aller rencontrer le Chef de l’Etat Gabonais, contre la volonté de l’Abbé Joseph MINTSA et d’Adrien NGUEMAH ONDO qui pensaient qu’il n’y avait pas de garanties de sécurité. Moi, j’estimais que continuer « à faire du bruit en France » alors qu’au Gabon on réfléchissait sur l’ouverture démocratique était irresponsable. Et puis, si BONGO voulait me tuer, il n’avait qu’à le faire, mais je ne tenais plus à rester en exil alors que je pouvais m’exprimer librement au Gabon. C’est ainsi que je rédigeai seul le memorandum intitulé « Propositions du MORENA à Monsieur Omar BONGO, Président de la République Gabonaise » daté du 10 mai 1989. Les points que j’y abordais étaient les suivants :

            L’homme

            Le village

            L’agriculture

            La gestion des finances publiques

            Les institutions

            Un Gouvernement efficace

Naturellement, je voyais tout cela dans la perspective de la mise en place d’un système pluraliste. Cependant j’indiquais à ce sujet que le multipartisme ne pouvait être proclamé du jour au lendemain. Il fallait se donner un temps durant lequel on préparerait les esprits à vivre ce pluralisme politique.

Cette préparation consisterait essentiellement à apprendre aux gens à connaître leurs droits et leurs devoirs au sein des associations dont les conditions de création seraient déterminées par une loi analogue à celle de 1901, en France. Je préconisais aussi un Gouvernement de 9 membres qui me semblait pouvoir être plus efficace. Voilà le document qui allait servir de base à mes entretiens avec le Président de la République.

C’est avec ce bagage que je m’envolais de Paris, le 13 mai, pour être à Libreville le 14 au matin. Et, dans la soirée, je fus reçu en audience. Voilà ce que j’avais déclaré à cette occasion :

            « Monsieur le Président de la République,

            Je dois, avant tout, vous dire mes vifs remerciements d’avoir pris l’initiative de nous rencontrer. Cela constitue, je crois, un évènement important dans l’histoire de notre pays. Aujourd’hui, en effet, nous nous acceptons différents et nous pensons que c’est bien ainsi. Tant il est vrai qu’on est plus intelligent quand on réfléchit ensemble plutôt que seul.

            Nos différences, nous ne devons plus chercher à les gommer, à les nier-elles sont notre première richesse- mais plutôt à les transformer en une dynamique pour le développement de notre pays.

            Voilà quelques années que mes amis et moi nous sommes à l’étranger pour expliquer une autre idée du Gabon. Nous n’avons jamais prétendu avoir des recettes pour résoudre toutes nos difficultés politiques, économiques et sociales, mais nous nous sommes battus pour que cette idée ait aussi droit de cité et qu’elle soit versée à notre patrimoine commun.

            Pour ma part, je compte bien que le processus que nous engageons aujourd’hui est irréversible et qu’il générera probablement d’autres idées et ainsi de suite.

            Je vous ai apporté un document-rassurez-vous pas hargneux- où nous avons rassemblé quelques idées, sans prétention d’exhaustivité, pour lancer et maintenir notre dialogue.

            Ce ne sera pas facile au début, certes. On n’efface pas si facilement des années de mots durs et de refus réciproque. Ce qui est important, c’est notre volonté de réussir, de ne plus admettre de nous tourner le dos et de nous regarder comme des constructeurs d’un destin commun.

            C’est à vous que revient tout le mérite de cette rencontre. Elle sera à l’actif de votre page d’histoire. Tout le monde vous en saura gré.

            Avant de terminer, permettez-moi, Monsieur le Président de la République, de remercier ceux qui ont travaillé pour que cette rencontre se fasse dans de bonnes conditions. Je les cite dans l’ordre chronologique :

            Monsieur Bindji, qui a toujours été notre intermédiaire intelligent et actif ;

            Monsieur Ali Ben Bongo, votre haut représentant personnel qui, par son sens politique et son aisance ont su conquérir notre sympathie ;

            Monsieur Samuel Mbaye, qui a fait preuve d’une haute compétence diplomatique : maîtrise de soi, calme mais toujours chaleureux.

            Puisse Dieu et nos ancêtres nous aider à mener à bien l’œuvre que nous commençons aujourd’hui !

 

                                                           Fait à Paris, le 13 mai 1989

                                                               Paul Mba Abessole

A SUIVRE

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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 17:41

 

 Le 18 mai 1989, nous avons eu l’heureuse opportunité d’expliquer au Président de la République les raisons profondes de notre action politique en lui indiquant notamment notre souhait de susciter un large débat national sur la démocratisation du système politique gabonais. Car pour nous, il fallait nous orienter vers la démocratie multipartiste que nous considérons comme échéance incontournable.

Au sortir de cette audience avec le Président BONGO, nous avons constaté une identité de vues avec le Chef de l’Etat sur les principaux aspects de la démocratisation de notre pays.

C’est dans cet esprit qu’à la demande du Président de la République, nous avons accepté de participer à un travail de réflexion avec certains de ses collaborateurs.

Nous avons constaté que depuis cette date, le Président de la République a fait preuve de courage dans le sens de l’évolution de la politique gabonaise vers l’ouverture. En effet, les dernières assises du Comité Central du Parti Démocratique Gabonais constituent, à notre avis, un tournant dans la vie politique contemporaine du Gabon.

Le Mouvement de Redressement National (MORENA) accueille favorablement la création d’une Commission Spéciale pour la Démocratie dans le pays, ce qui témoigne de la volonté du Président BONGO d’amener le peuple gabonais vers une démocratie véritable.

Au vu de cette situation nouvelle,

-         Soucieux de remplir ses engagements devant l’histoire,

-         et conscient de la nécessité pour tous les Gabonais de conjuguer leurs efforts afin de relever les nouveaux défis,

Le MORENA

-         prend acte de cette importante avancée démocratique,

-         souscrit à compter de ce jour à cette politique d’ouverture et de changement,

-         décide d’observer une trêve pour permettre l’aboutissement heureux de ce processus initié par le Président de la République,

-         entend participer dorénavant à la vie politique nationale dans le cadre de la Majorité Présidentielle selon les modalités à fixer par le Président de la République, Chef de l’Etat.

 

 

                                           Fait à Libreville, le 24 janvier 1990

 

                                                       Pour le Comité Directeur

 

                                                          Paul MBA ABESSOLE

 

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 20:47

Reseau CPM Afrique

 

 

Avant tout, je voudrais apporter une précision. Elle est relative au MO.RE.NA dit de MBA ABESSOLE. Je ne veux pas que cette formation porte mon nom, car je ne suis qu’un passant ; elle doit plutôt s’appeler le MO.RE.NA des Bûcherons.

Quant à mon intervention proprement dite, elle se fera en deux points : la philosophie de cette conférence et les préalables énoncés par la quasi-totalité des associations à caractère politique.

1-    La philosophie de cette conférence

Cette conférence n’est pas une réunion d’affrontement, mais de conciliation, de réconciliation. Nous devons donc éviter d’avoir de nos hommes politiques une vision manichéenne. Il y aurait d’un côté, les bons et de l’autre, les mauvais. Les hommes politiques sont responsables des uns et des autres. Nous sommes tous gabonais à part entière avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.

2-    Les préalables

Compte tenu de la philosophie et de l’importance de cette conférence, certains actes doivent être posés à son occasion pour lui donner une crédibilité. La réponse aux préalables posés par la majorité des associations peut se faire sur deux plans.

S’agissant des prisonniers et des exilés politiques, mon expérience de lutte pour les prisonniers politiques depuis 1982 m’a montré que les organisations internationales des Droits de l’Homme les distinguent en deux groupes.

a.     Le délit d’opinion

Le délit d’opinion est une prise de position politique ou religieuse contraire à l’idéologie en place. Seul celui qui tombe sous le coup de ce délit est considéré par l’opinion internationale, comme prisonnier politique au sens strict. Les organisations internationales de la défense des droits de l’homme, comme AMNESTY INTERNATIONAL, exigent des précisions sur ce point avant de s’occuper d’un prisonnier politique. On pose toujours habituellement la question de savoir si le prisonnier n’a pas eu recours à la violence. Je ne sache pas qu’il ait actuellement au Gabon des prisonniers de ce type.

b.     Les putchistes

Les putchistes sont, par définition, ceux qui ont eu recours à la violence. Je m’étonne que personne que personne, dans cette salle, n’ait prononcé les noms de Pierre MAMBOUNDOU ni celui de MIHINDOU mi NZAMBA, ni quelques autres noms des prisonniers de ce type. J’ai pu rencontrer quelques épouses de ces derniers.

Il ne semble pas que les putchistes puissent être considérés comme des prisonniers politiques du fait qu’ils aient voulu utiliser la violence.

c.      Les exilés

Nos exilés sont Max Anicet KOUMBA MBADINGA, Adrien NGUEMA ONDO, M. l’Abbé Joseph MINTSA, Joseph MINKO.

A présent que le régime se libéralise, leur problème reste essentiellement humain. Ils ne peuvent venir que dans la mesure où ils ont les possibilités de vivre normalement. Il ne suffit donc pas de les appeler ici, il faut qu’ils aient encore un emploi sur place au Gabon.

Max Anicet KOUMBA n’a pas de travail à Paris, il n’en aura pas non plus ici. Que peut-il devenir s’il rentrait ?

M. Adrien NGUEMA ONDO a une affaire qui marche ou pas. Il lui est difficile de la laisser tomber du jour au lendemain pour le seul plaisir de revenir dans son pays.

d.     Les associations socio-professinnelles

Je crois qu’à propos de ces associations, il faut d’abord une précision. Elles ne se forment pas autour d’une idée politique mais autour des professions. Elles regroupent des gens de différentes opinions politiques. Théoriquement, on ne peut donc pas leur demander de donner un point de vue politique commun.

Toutefois, compte tenu de la situation exceptionnelle que nous vivons, on peut accorder aux associations socio-professionnelles une voix délibérative, puisque, lors de l’élection du bureau, elles avaient pris part aux délibérations par leur représentant. Cela dit, il ne faut pas considérer ces préalables comme dirimants, c’est-à-dire qu’ils constituent une condition sine qua non de la tenue de la conférence.

Pour s’en sortir, je fais une proposition. Il est tout à fait possible à la conférence de faire des recommandations au Président de la république, notamment en ce qui concerne les putchistes. La conférence peut demander au président de la République de pardonner à ces derniers puisque le pardon est sa « meilleure vengeance ». Ce pardon contribuerait certainement à instaurer la paix dont le pays a besoin pour instaurer la démocratie multipartiste.

                                                      Libreville, le 24 mars 1990

                                                            Paul MBA ABESSOLE

 

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 23:42

 

Ce Congrès est celui du choix de notre candidat aux futures élections présidentielles. Les conditions en sont aujourd’hui réunies. Car nous connaissons maintenant nos alliés et nous pouvons agir en toute quiétude.

Je n’ai pas besoin de vous dire les critères de choix de notre candidat ; nous sommes suffisamment imprégnés de l’idéologie de notre Parti pour savoir comment choisir. Je laisse donc chacun décider en son âme et conscience.

En revanche, je voudrais profiter de cette occasion pour vous présenter une partie des quatre dont se compose notre projet de société. Cette partie est, en effet, celle qui inspire toutes les autres dont vous pouvez prendre connaissance dans les fascicules qui sont en vente.

Il s’agit de l’ambition fondamentale du Rassemblement National des Bûcherons. Je signale toutefois que ce projet, bien qu’inspirateur du programme du candidat, n’en est pas moins différent.

Notre ambition veut faire du Gabon un pays de liberté, un modèle de démocratie et de développement capable de s’imposer comme locomotive de l’Afrique. Nous voulons que le Gabon soit un pays libre et respecté.

Le Gabonais, selon nous, est libre de dire et d’écrire ce qu’il estime juste. Nous dénonçons toute censure imposée de l’extérieur. Certains réclament des lois pour gérer cette liberté. Nous pensons que c’est prématuré. Nous sommes pour que le Gabonais fasse l’expérience d’une liberté totale de dire et d’écrire ce qu’il veut. Avant cette expérience, toute loi ne peut être que répressive. On ne peut ni ne doit légiférer ce qui n’existe pas encore. Nous disons que si loi il doit y avoir, elle doit aller dans le sens non de la limitation, mais de la protection et du développement de la liberté et des libertés.

Certains ont peur qu’on aboutisse à une société permissive. Cette crainte n’a pas de raison d’être, car une société est permissive quand elle accepte tout sans contradiction. Or, ce que nous prônons c’est de laisser la liberté à tous d’apporter des contradictions s’ils le jugent nécessaire. C’est dire qu’on a toujours le droit de réponse si on estime qu’on a été lésé. La vérité ne peut pas s’identifier à un point de vue, mais au lieu de rencontre de plusieurs points de vue. Notre défense de la liberté totale témoigne de notre recherche passionnée de la vérité.

Le Gabonais est aussi libre d’établir des relations avec qui il veut, d’avoir des liens privilégiés avec les pays de son choix. C’est seulement dans un contexte de liberté qu’il pourra avoir un comportement digne à l’intérieur et à l’extérieur de son pays. Ainsi tout le monde le respectera-t-il.

Etre libre, c’est respecter les différences ethniques, religieuses et raciales et y voir une source inépuisable d’enrichissement personnel et collectif.

Nous invitons les Gabonais à se mettre ensemble pour instaurer une société démocratique. De la sorte, ils pourront extirper de leur pays tout arbitraire. Dans ce sens, il faut travailler pour l’avènement d’un Etat de droit au sein duquel tous seront égaux devant la loi. Nous sommes décidés à donner à chaque institution les moyens nécessaires et suffisants pour fonctionner de manière autonome et pour exercer pleinement ses compétences.

Par là, nous voulons faire émerger un modèle de démocratie, la démocratie participative. Cela veut dire qu’à tous les niveaux, depuis les villages jusqu’aux villes et dans tous les rouages de l’Etat la volonté du citoyen s’exprime dans le choix des responsables politiques comme dans le contrôle des décisions qui engagent ses intérêts et son avenir.

La démocratie participative signifie aussi :

-         assainir les mœurs politiques en les désacralisant ;

-         exercer le pouvoir non pas en dominateur, mais en serviteur du Bien Commun ;

-         instaurer la transparence dans la gestion de la chose publique, d’où la nécessité d’un système de contrôle au carré, c’est-à-dire le supérieur a les moyens de vérifier ce que fait l’inférieur et vice versa ;

-         solliciter l’avis des experts nationaux dont la compétence est unanimement reconnue pour les grandes décisions qui engagent l’avenir de la nation ;

-         faire appel à des personnalités indépendantes issues de la société civile.

Nous voulons, en définitive, proposer à toute l’Afrique un modèle de développement adapté aux réalités de notre pays. Nous sommes partisans d’une société d’économie mixte. Nous préconisons, en matière économique, un système libéral, mais un libéralisme à visage humain. Qu’est-ce à dire ?

Cela veut dire que nous avons la ferme volonté de travailler à :

-         satisfaire les besoins essentiels des gabonais, tout en préservant des tensions sociales graves et des déséquilibres profonds ; pour cela, il faut prendre le temps nécessaire à l’acceptation et à l’assimilation des réformes ;

-         laisser une large initiative au secteur privé, grâce à la mise en place d’un cadre concurrentiel équitable ;

-         mettre des garde-fous pour permettre à l’Etat de coordonner la vie économique nationale, pour éviter les abus et les dérapages possibles, pour arbitrer les conflits éventuels et pour renforcer l’économie de marché ;

-         promouvoir un cadre concurrentiel en fixant les règles du jeu économique et social, sans lesquelles il n’y a pas de vraie liberté et de vraie concurrence.

 

Au plan social, nous voulons mettre en place une solidarité nationale par la mise en œuvre d’un système de redistribution en faveur des couches sociales les plus défavorisées.

L’accent sera d’abord mis sur l’éducation et la formation pour permettre à tous les Gabonais d’accéder au savoir et d’avoir une qualification leur permettant de trouver un emploi valorisant. Dans ce sens, nous voulons élaborer un système éducatif qui assurera à tous la gratuité de l’enseignement de base. Des centres de formation pour les handicapés y seront intégrés pour permettre à ces derniers de s’insérer plus facilement dans la vie active.

Nous envisagerons aussi un système de santé dont les soins de base seront également gratuits et une couverture sociale. Une attention particulière sera portée sur la mère et l’enfant dans le cadre d’une politique nataliste destinée à combler le déficit de population auquel est confronté le Gabon.

Au plan culturel, nous visons l’équilibre entre le travail et les loisirs pour rendre la vie agréable et pour réconcilier le Gabonais avec sa culture traditionnelle.

A cet égard, nous voulons nous employer à :

-         revaloriser notre patrimoine perverti et dévoyé par des pratiques aberrantes ;

-         favoriser le brassage des différentes cultures nationales afin qu’elles soient connues par d’autres peuples ;

-         initier l’apprentissage des langues nationales dont on sait qu’elles sont capables de dire scientifiquement notre environnement.

Voilà les idées de fond du changement que nous préconisons. Pour le réaliser, nous avons besoin de toutes les bonnes volontés. Tout le monde peut y apporter sa contribution. Il n’est pas nécessaire d’avoir un diplôme pour participer à cette œuvre exaltante. Il suffit d’être intelligent, et l’intelligence se moque du diplôme. Aucun objectif ne nous est inaccessible. Notre détermination est capable de transformer les utopies en réalité.

Je suis, pour ma part, persuadé que ce que nous avons commencé ensemble, il y a trois ans, va prendre véritablement forme dans quelque temps. Ce congrès Extraordinaire est l’inauguration de bien des choses à venir. Je le déclare ouvert.

 

                                                                             Libreville, le 9 octobre 1993

                                                                                 

                                                                                     Paul MBA  ABESSOLE

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 23:29

 

 

Je ne rêve pas, j’ai bien devant moi des Gabonaises et des Gabonais de différentes opinions politiques réunis pour confronter leurs points de vue, afin d’instaurer un système politique où la majorité se reconnaisse, quelle révolution. Je voudrais rendre hommage, sans les citer, à tous ceux qui, morts ou vivants, ont préparé ce que nous vivons depuis cinq mois. Nous pouvons être fiers de la victoire que nous avons remportée sur nous-mêmes. Nous avons réussi, les uns et les autres, casser les carcans idéologiques dans lesquels nous étions enfermés. Nous nous sommes libérés des dogmes désuets qui étaient plus au service des intérêts particuliers qu’à celui de ceux de la nation. Chacun de nous a marché vers l’autre pour le comprendre dans sa différence. De là sont déjà nées des sympathies, peut-être des amitiés au-delà de toute idéologie. Mais pour aller jusqu’au bout du chemin que nous avons emprunté, le MO.RE.NA. des Bûcherons, dont je suis le leader, estime que la préservation de l’unité nationale sans laquelle il nous est impossible de construire quelque chose de solide et de durable doit être notre souci constant. Cette unité ne nous est pas donnée toute faite. Elle est un choix que nous faisons ensemble dans le respect, bien entendu, des richesses de nos différences. Elle se construit progressivement. Faisons donc le choix de notre unité, qui exige de chacun de nous des efforts sur soi : le dépassement de nos passions, de nos intérêts particuliers, de nos rivalités anachroniques. L’unité nationale gabonaise a comme préalable aujourd’hui le PARDON. Le PARDON est, en effet, pour nous actuellement une nécessité politique. Nous ne pouvons pas faire avancer notre pays si nous ne commençons pas par passer l’éponge sur un certain nombre de choses. Nous avons à nous libérer de la peur, des préjugés, des soupçons, afin de travailler dans la sérénité pour l’avènement d’un multipartisme responsable. Car, la peur provoque l’agressivité et la violence toutes deux dévastatrices des communautés humaines. Nous devons instaurer dans notre pays la NON VIOLENCE qui est l’arme des forts et de ceux qui gagnent. Le MO.RE.NA. des Bûcherons n’a pas d’ennemis mais de simples concurrents politiques. Notre débat se situe résolument au niveau des idées. Nous refusons de nous livrer à des attaques personnelles, à des diffamations. Par contre, nous sommes sans complaisance pour la critique des idées. Nous n’accepterons aucune idée qui ne soit fondée dans les réalités gabonaise. Parce que nous sommes respectueux des libertés, notre devise est « CONVAINCRE ET NON VAINCRE ». Nous avons bien conscience de l’importance de cette conférence et de l’étendue du dialogue qu’elle va instaurer dans le pays. Il est souhaitable que nous dépassions nos vues partisanes afin de voir d’abord ce qui est le meilleur pour notre pays. Le multipartisme nous paraît aujourd’hui comme le système politique le plus à même de nous mener vers le développement au vrai sens du terme. Il ne pourra être efficace que si, ensemble, nous en posions les fondements. Une mobilisation des intelligences est nécessaire à cet effet. Le travail de cette conférence doit être décisif. Le MO.RE.NA. des Bûcherons a lutté pour qu’elle se tienne. Nous avons négocié pour cela avec le Président de la République depuis plusieurs mois. Nous avions cru bon, dans un premier temps, de passer par l’étape d’un Rassemblement pour permettre à toutes les formations politiques de s’enraciner dans le pays. Or, il s’avère que, devant les nouvelles données, ce Rassemblement est caduc. Les choses vont très vite. Quelles nouvelles données ? La conférence a adopté deux groupes de réflexion, l’un pour ceux qui sont pour le Rassemblement, l’autre pour ceux qui y sont opposés. Il y a là une incohérence. Il ne peut y avoir des statuts pour ceux qui sont contre le Rassemblement et des statuts pour ceux qui y sont favorables. On ne peut pas accepter une République à deux vitesses. Si nous avons admis des groupes pour et contre le Rassemblement, nous nous trouvons de facto dans le multipartisme intégral, il faut se le dire clairement. Le refus du RSDG est désormais un combat d’arrière-garde. D’autres perspectives nous sont ouvertes. Dans ce cas, le MO.RE.NA des Bûcherons s’affirme comme un PARTI autonome d’opposition en négociation avec le Président de la République. Dès lors, la conférence doit proposer une Constitution instituant le multipartisme et un code électoral garantissant des élections libres. Mais pour assurer une transition sans heurt, nous proposons un CONSEIL DES SAGES avec un statut juridique pour arbitrer le jeu de notre démocratie. D’ores et déjà, le MO.RE.NA est prêt à aller aux élections législatives dans les meilleurs délais. A propos des élections, nous exigeons la transparence ; on doit établir le patrimoine de toute personne candidate à un poste politique et cela, avant et après. Nous estimons que le multipartisme intégral est là : le PDG, le Front et le MO.RE.NA des Bûcherons qui a pris ses responsabilités. Nous présenterons notre programme au pays, le moment venu. Mais, en avant-goût, nous vous disons que notre bataille sera :

 

- ECONOMIQUE. Nous revendiquons une gestion financière rigoureuse, une exploitation rationnelle des richesses de notre pays, une infrastructure routière digne de ce nom, une agriculture performante.

 

Cette bataille est aussi :

 

- SOCIALE. Nous voulons la gratuité de l’enseignement, la gratuité des soins médicaux, la baisse des prix à partir d’une nouvelle organisation du système douanier, qui aura, naturellement, des incidences sur les différentes taxes dont tout le monde se plaint. Nous lançons un appel à tous à rejoindre les rangs du MO.RE.NA des Bûcherons pour construire un Gabon nouveau dans la Solidarité, la Concorde, la Liberté.

 

                                                                                                        

                                                                                                     Libreville, le 4 avril 1990

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