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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 12:48

L’humanisme est un système au centre duquel se tient l’être humain, raison ultime de toute action politique et de toute innovation sociale. Nous souhaitons que cet homme soit formé, qu’il ait, tout au long de sa vie, l’accès libre au savoir de son choix. Ce qui est loin d’être le cas dans notre pays où la formation est un « cadeau » qu’on fait à un citoyen, en fonction des relations que les autorités entretiennent avec ce dernier.

L’humanisme que nous prônons ne cherche pas à uniformiser l’homme ni ses comportements comme l’a fait l’humanisme occidental qui visait à mettre tout le monde dans le même moule. Nous voulons un humanisme propre au Gabon. C’est cet humanisme qu’un leader politique gabonais bien connu a appelé «L’humanisme à visage différencié ». 

Dans le contexte occidental, un groupe est au pouvoir et gère seul l’Etat alors que l’autre, dans l’opposition, est condamné à subir toutes les décisions de la majorité. On identifie ainsi à tort la majorité à la vérité ou au bien commun. Pour nous, aucun gabonais dépositaire d’un savoir-faire ne doit rester totalement en dehors de la gestion de la chose politique. Autrement dit, toutes les intelligences doivent y être associées. D’où la nécessité de rompre avec le principe politique « tout pour nous et rien pour les autres ». Nous devons travailler à l’appropriation collective du principe qui veut que « tout gabonais, avec les richesses dont regorge notre pays, peut avoir tout ce qu’il lui faut pour vivre décemment ». N’est-ce pas là un principe à soutenir ? Quel compatriote ne souhaite pas bénéficier des richesses dont regorge notre pays pour vivre décemment ? L’humanisme que nous prônons, faut-il le souligner, est différencié parce qu’il veut intégrer toutes nos différences culturelles et toutes les méthodes de gouvernement traditionnelles afin de gérer notre pays dans l’équilibre et la paix. Dans la même veine, nous devons faire nôtre le principe qui veut qu’on ne sacrifie jamais les minorités, mais qu’on leur accorde une place pour qu’elles se sentent membres à part entière de la nation. « L’humanisme à visage différencié » doit donner à notre pays un visage marqué par notre société plurielle. Il exclut les magouilles et les mafias. Il intègre nos neuf provinces en ce qu’elles ont de plus positif. Notre humanisme sera l’œuvre de tous les gabonais sans distinction d’âge, de province, de religion, de sexe et d’obédience politique. En somme, c’est une œuvre républicaine. Si nous voulons que notre pays décolle, nous devons donc nous mobiliser pour la mise en œuvre de cet humanisme qui ne s’accommode pas de l’égoïsme et de la division. Il nous faut privilégier la solidarité, le consensus et le partage qui constituent un véritable gage de paix et de développement pour le Gabon.

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 12:46

Après le lancement du processus de démocratisation des pays africains en 1990, nous constatons un retour progressif de l’ordre kaki à la tête de certains pays. La disparition du dictateur de la République de Guinée, LANSANA CONTE, a permis au Capitaine Dadis Camara et ses frères d’armes de s’emparer du pouvoir, avec la promesse d’organiser les élections dans les meilleurs délais. Cette promesse ne fut pas tenue. La dérive autoritaire du Capitaine a connu son paroxysme avec le massacre des militants de l’opposition au Stade de Conakry. Comme d’habitude, cet acte a été condamné par la communauté internationale. Mais les condamnations de la communauté internationale n’ont pas ressuscité les centaines de Guinéens massacrés. A la suite de ces massacres, le Capitaine a échappé à une tentative d’assassinat qui l’a mis à l’écart de la gestion des affaires de l’Etat. La situation n’est pas encore claire en Guinée.

Il y a quelques jours, face à l’entêtement de MAMADOU TANJA, Président du Niger, les militaires ont fait une incursion dans la salle du Conseil des Ministres et mis aux arrêts le dictateur nigérien qui refusait le retour de l’ordre constitutionnel d’avant août 2009, en dépit de la condamnation de la communauté internationale. Actuellement, des manifestations de l’opposition ont lieu à travers toute la Côte d’Ivoire après la dissolution du Gouvernement et de la Commission Electorale par le Président GBAGBO. Une telle décision, aux yeux des observateurs, bloque le processus électoral engagé depuis 2005, en vue de l’élection du nouveau président de la République. La tension qui règne en Côte d’Ivoire n’augure rien de bon. Les pays précités ne sont pas les seuls à connaître une situation de crise. Au Gabon, par exemple, le mécontentement est généralisé. Les Gabonais ne savent pas à quelle sauce ils seront cuits. Il faut rappeler que l’élection présidentielle anticipée du 30 août 2009 a laissé un arrière goût amer. Elle a révélé que l’alternance n’est pas en vue dans notre pays. L’éviction de nombreux cadres compétents de leurs postes au motif qu’ils avaient soutenu les candidats de l’opposition a aggravé les fractures existantes. Le malaise est visible dans différents secteurs d’activité de notre pays. Apparemment, le gouvernement de l’Emergence ne semble accorder aucune importance aux revendications de nos compatriotes. Notre système politique est à bout de souffle. Aucune perspective d’amélioration de la situation ne semble poindre à l’horizon. Les institutions chargées d’organiser les élections sont toujours au service de ceux qui sont au pouvoir. Elles ne reflètent pas la diversité d’opinions qui s’exprime dans notre pays. En somme, le pays est pris en otage par les tenants actuels du pouvoir. Il y a un divorce entre les Gabonais et leurs institutions. Tout le monde fait le même constat, même ceux qui ont une influence certaine sur la politique de notre pays. Mais personne ne réagit pour que les choses changent. La situation est telle qu’elle fait craindre un embrasement. C’est le moment d’intervenir pour éviter les déflagrations enregistrées dans les pays frères. Mieux vaut prévenir que guérir pour que nous n’emboîtions pas le pas à la Guinée et au

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 12:33
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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 12:27

 

 

INTRODUCTION

 

 

 

 

Le Gabon est peuplé de plusieurs communautés culturelles qui doivent vivre en harmonie. Chacune d’elles a son identité. Toutes ces identités doivent se mettre en relation, car l’isolement des identités conduit à un développement séparé voire à l’anarchie. Ce qui s’oppose à la construction d’une nation. La nécessité du vivre ensemble de toutes les communautés culturelles nous impose le consensus pour la préservation de l’harmonie dans notre pays.

L’Ecole et d’autres formes sociales peuvent nous permettre de nous connaître pour vivre ensemble dans l’harmonie. C’est pour cette raison que la connaissance, la reconnaissance et l’acceptation de l’autre dans sa différence doivent constituer la principale préoccupation de notre Ecole.

Faut-il souligner que la cohésion sociale permet de favoriser les synergies et la qualité de vie des membres d’une société si les relations sociales sont vécues positivement par les individus constituant cette société. Dans cette veine, nous pensons qu’un enseignement intelligent de l’histoire, basé sur une politique pédagogique cohérente, devrait aider à la promotion du vivre ensemble.

En tenant compte de ces considérations, nous examinerons d’abord les textes officiels pour y rechercher tout ce qui est relatif au vivre ensemble. Ensuite, nous aborderons la question de la contribution de l’Ecole au renforcement du lien social. Nous analyserons enfin les manuels d’histoire en usage à l’école primaire aux fins de voir comment le vivre ensemble s’y exprime.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I.      LE VIVRE ENSEMBLE DANS LES TEXTES OFFICIELS

 

I.1. Le vivre ensemble dans la loi 16/66 du 9 août 1966 portant organisation de l’enseignement au Gabon

 

Les missions et finalités de l’école relèvent d’un choix de société qui doit se répercuter sur la conception même des programmes et des manuels, notamment les fonctions attribuées aux savoirs transmis et sur les pratiques éducatives permettant d’en assurer la mise en œuvre. Le choix des savoirs privilégiés, les visées éducatives qui leur sont assignées et la manière dont ils sont mis en scène par l’enseignant reposent sur une vision éducative, c’est-à-dire sur une conception particulière du type de personne et de citoyen qu’elle se propose de former.

L’école ne se limite pas seulement à transmettre les savoirs prescrits, mais elle doit également préparer les jeunes à affronter la complexité du monde. L’école doit donc adhérer au projet sociopolitique, à la vision éducative qui fonde les programmes et aux valeurs qui les sous-tendent.

Pour ce qui est du Gabon, l’enseignement « doit contribuer à l’unité nationale et à la cohésion sociale », conformément aux dispositions de la loi 16/66 du 9 août 1966 portant organisation de l’enseignement en République Gabonaise. Voté au lendemain de l’indépendance de notre pays, ce texte traduit la préoccupation des responsables politiques de cette époque : la cohésion sociale et l’unité nationale. Autrement dit, apprendre à vivre avec les autres constituait à leurs yeux un enjeu primordial en matière d’éducation.

 

I.2. Le vivre ensemble dans les extraits des programmes officiels de l’école élémentaire

 

Les extraits des programmes officiels de l’Ecole Elémentaire (1995) qui s’inscrivent naturellement dans l’esprit de la loi 16/66 mentionnent que : « l’éducation doit concourir à la construction d’une société plus juste, mais ne peut en être le seul artisan ; elle doit donner aux individus les connaissances et les aptitudes nécessaires pour qu’ils puissent jouer leur rôle de citoyens et de producteurs. Elle doit tendre à former des hommes et des femmes libres de penser et d’agir sans nuire aux autres, capables d’intégrer les valeurs traditionnelles, respectueux des traditions authentiques, mais libérés des freins au changement que constituent, dans certains cas, certaines traditions. Les objectifs éducatifs doivent s’adapter aux réalités sociales et psychologiques en assurant à tous des chances identiques au départ. »

 

 I.3. Le vivre ensemble dans le curriculum de l’Education de base

 

Les orientations du Curriculum de l’Education de base de septembre 2008 reprennent certains éléments essentiels des extraits des programmes officiels, à savoir :

-         former des hommes et des femmes libres de penser et d’agir sans nuire aux autres ;

-         assurer à tous les élèves des chances identiques au départ. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

II. LA CONTRIBUTION DE L’ECOLE AU RENFORCEMENT DU LIEN SOCIAL

 

 

     II.1. L’école face à une société plurielle

 

Dans quel sens l’école est conviée à préparer les jeunes à devenir des individus sociaux responsables, aptes à vivre ensemble et à coopérer dans une société à plusieurs communautés culturelles comme celle du Gabon ? L’Ecole, en tant qu’institution sociale, est interpellée. Il convient de repenser ce lien, vu la présence et le renouvellement constant des populations au sein des territoires nationaux. En effet, le phénomène de l’immigration ainsi que celui des échanges internationaux imposés par la mondialisation s’accompagnent de nouveaux types de cohabitation avec des personnes d’origines diverses. De fait, il n’y a plus de recouvrement systématique entre la notion de nationalité et celle du lien social. L’hétérogénéité de nos sociétés pose un défi nouveau à celles-ci. Cette mutation doit nous amener à un repositionnement des valeurs. Autrement dit, il nous faut aujourd’hui envisager un « humanisme du divers » comme le préconise Martine Abdallah-Pretceille (2008), d’autant plus que les implicites et les connivences ne sont plus ni évidentes, ni partagées. Il devient nécessaire de nous entendre sur un fond de valeurs communes susceptibles d’inspirer des comportements compatibles avec notre société actuelle et de relancer un débat démocratique pour fonder ou refonder les bases d’un vouloir vivre ensemble sans lesquelles il n’y a ni groupe, ni solidarité. C’est conscient de cette question que Paul Mba Abessole (2006) a lancé le concept de « l’ethnoconvivialité ». Selon lui, « le principe de l’ethnoconvivialité est simple : nous vivons différents dans une même aire géographique. Nous sommes, à cause de cela, condamnés à nous côtoyer et à nous accepter, si nous voulons mener une vie paisible. J’ai résumé cela dans l’expression « le vivre ensemble des ethnies ». Au Gabon, nous sommes, en effet, plusieurs communautés culturelles. Nous n’avons pas choisi de naître dans un groupe culturel plutôt que dans un autre. Nous formons donc un ensemble dans un espace géographique, appelé Gabon. Parce que êtres humains, nous devons nous efforcer de rendre notre vie commune agréable. »

Par ailleurs, Paul Mba Abessole (2006) considère la coexistence des différentes communautés culturelles comme un système alphabétique dans lequel chaque phonème, ayant sa pertinence qui fait qu’il est lui-même et nul autre, joue son rôle en tant que tel. Il ne peut donc être remplacé par aucun autre. Son existence est indispensable pour la vie du système.

Exerçant une influence réelle dans la construction identitaire de la personne, l’Ecole participe au processus continu de socialisation. A ce titre, elle doit s’adapter à son contexte socioculturel. Pour ce faire, elle doit faire la promotion des valeurs qui concourent au renforcement de la cohésion sociale. L’Ecole est invitée à engager une réflexion sur le cadre de référence dans lequel elle inscrit son action. Elle se doit d’afficher clairement ses choix axiologiques sous peine de voir apparaître ou même se multiplier des conflits de normes, des replis communautaires et parfois sectaires. Il est donc question de mettre en place un projet d’éducation enraciné dans des valeurs reconnues au risque d’ouvrir la porte à un pluralisme « dénaturé », parce que non intégrateur socialement et basé sur des valeurs ou des normes floues ou non partagées.

Comme l’une des fonctions de l’Ecole est de transmettre des valeurs et d’amener les apprenants à les comprendre et à les partager, il y a lieu de lui laisser jouer son rôle. Elle ne peut se cantonner dans celui de la transmission de connaissances. Aussi doit-elle s’associer à la famille et aux autres lieux de socialisation dans l’éducation des enfants.

 

II.2. Un projet de société clair pour une meilleure construction du lien social

 

Il faut pouvoir mieux reconnaître et soutenir l’action de l’Ecole sur le plan des valeurs à promouvoir, au-delà de la seule rhétorique exprimée dans les politiques d’éducation. Pour que l’Ecole soit confirmée dans cette mission, la société doit clairement énoncer son projet. La qualité de cette institution sociale ne dépend pas seulement de l’efficacité de son fonctionnement mais aussi de sa capacité à transmettre des valeurs et à fonder une socialisation qui ne peut se passer d’éthique et notamment d’une éthique démocratiquement élaborée, reconnue et partagée. La construction du lien social à l’école suppose un projet de société afin que les immigrés puissent intégrer un système social où sont clairement définies, collectivement et démocratiquement assumées de telles valeurs. Un système social qui n’affiche plus ou qui n’ose plus affirmer et afficher ses valeurs de référence constitue un frein à l’édification du lien social. Ce qui ne peut inspirer l’école dans la poursuite de sa mission. C’est ce qui permet de comprendre pourquoi, devant l’absence de définition par la société dite d’accueil de ses propres valeurs de référence, certains étrangers réagissent en affirmant encore plus fortement, voire en les accentuant, leurs propres références. Pourquoi alors quitteraient-ils un système explicité, objectivé et codifié pour entrer dans un autre qui n’ose pas se déclarer, s’exposer ou se définir ? Le lien social ne peut se construire que sur des choix clairs et assumés.

 

II.3. De la nécessité de vivre les valeurs promues

 

Dans la mesure où l’enseignant tient lieu d’exemple et constitue souvent un pôle d’identification pour les élèves, l’attention devra être portée sur ses manières d’être et de faire. En conséquence, les enseignants devront s’interroger autant sur ce qu’ils sont que sur ce qu’ils font, étant donné que leurs propres témoignages et attitudes participent aussi à l’agir.

La construction d’un lien social n’est pas qu’une affaire de programmes ; elle correspond aussi et surtout à un type d’approche et à une ouverture d’esprit. Les valeurs se vivent plus qu’elles ne s’enseignent et relèvent d’une attitude éthique, c’est-à-dire d’une capacité de questionnement et d’une acceptation du doute, ce qui n’est pas compatible avec une position dogmatique. En conséquence, plutôt que de chercher à transmettre des réponses ou susciter des comportements « corrects », il convient d’apprendre aux apprenants à se méfier des évidences, des certitudes, des affirmations et des jugements. Les doutes, la complexité ou les désaccords sur tel ou tel sujet ne peuvent être ignorés et bien  au contraire ils doivent être soumis à la réflexion et à l’appréciation de chacun.

 

II.4. Les traditions comme source d’inspiration

 

Les extraits des programmes officiels de l’Ecole Elémentaire notent que « l’éducation doit tendre à former des hommes et des femmes (…) capables d’intégrer les valeurs traditionnelles, respectueux des traditions authentiques, mais libérés des freins au changement… ». Notre école doit intégrer l’enseignement des droits de l’homme dans ses pratiques aux fins de construire la paix dans notre pays. Contrairement à ce qui se dit, les droits de l’homme n’étaient pas étrangers aux gabonais traditionnels. D’ailleurs, comme le souligne Paul Mba Abessole (2009), il n’y a pas que l’homme qui a des droits dans nos communautés. Tous les êtres vivants ont des droits. Selon lui, « dans les traditions gabonaises, on doit respecter les autres et notamment les anciens. La liberté d’expression est également reconnue…S’exprimer, dans nos traditions, est un moyen d’exorciser la violence, de donner à celui qui s’exprime le sentiment qu’il est reconnu et respecté du fait qu’il  peut parler librement, soit pour donner son point de vue, soit pour se  défendre contre une injustice. »

L’école gabonaise doit donc rechercher dans nos traditions des outils qui lui permettent de renforcer le lien social.

III- LE VIVRE ENSEMBLE DANS LES MANUELS D’HISTOIRE DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

 

III.1. La représentation des composantes ethniques gabonaises

 

 

Le manuel de 3ème année fait ressortir trois grandes composantes ethniques au Gabon. Il s’agit, par ordre d’installation :

-         les pygmées ;

-         les bantu ;

-         les fang.

Par rapport à l’iconographie, le pygmée est vêtu d’un cache sexe, une lance à la main. Il se tient debout devant une hutte. C’est l’image d’un primitif. C’est à croire que les pygmées se présentent encore comme cela, après plusieurs siècles de contacts avec les autres communautés.

 

III.2. Le façonnement de l’identité

 

Sur le plan individuel, l’apprentissage de la généalogie intègre l’apprenant dans une histoire. A partir d’elle, chacun sait qu’il a une histoire à la fois personnelle et communautaire. Chacun prend conscience de son appartenance à une lignée à la survie de laquelle chacun doit s’atteler. De sa conduite dépendra le respect que tout le monde aura à l’égard de sa famille, de son clan, de sa tribu et de son peuple. L’apprentissage de la généalogie comme le souligne Paul Mba Abessole (2006) fait prendre conscience de la responsabilité historique de chacun. La maîtrise de la généalogie permet donc au jeune de mieux se connaître avant de s’ouvrir aux autres. On ne peut respecter autrui qu’à partir du moment où l’on sait qui l’on est, et quelles sont ses valeurs de référence.

L’histoire du  peuplement de notre pays fait comprendre aux apprenants que le Gabon qu’ils connaissent aujourd’hui est le fruit d’une longue et laborieuse construction. Le Gabon d’aujourd’hui est « le résultat de toutes les migrations » des communautés qui peuplent présentement notre pays. Le manuel de 3ème année ajoute « qu’il a fallu plus d’un siècle pour que les Gabonais commencent à former un même peuple. L’installation des différentes populations a provoqué des guerres entre les peuples. »

Outre les deux cartes relatives aux migrations Bantu et Fang de la page 73 qui présentent les communautés culturelles du Gabon, le texte met l’accent sur trois grands groupes ( Pygmées, Bantu, Fang). La vingtaine de groupes ethniques relevée sur les deux cartes est enseignée sous le couvert de l’identité Bantu. Les Pygmées et les Fang en sont exclus. En revanche, les Fang sont intégrés dans le groupe Bantu dans le manuel de géographie du cours moyen (4ème et 5ème années)[1]. Les auteurs du manuel concluent que « le peuplement du Gabon est le résultat de toutes ces migrations tout en mettant en exergue la migration Fang[2].

Qu’est-ce que ce mouvement a historiquement généré dans l’espace géographique appelé Gabon  pour mériter un tel intérêt ?

Dans le manuel d’histoire de 3ème année, il existe une identité bantu au sein de laquelle sont dissoutes les autres entités culturelles. Cette identification exclusive a pour but d’atomiser les particularismes qui caractérisent la société gabonaise avec toutes ses communautés culturelles. Peut-être cherche-t-on, à travers une telle démarche, à réaliser l’unité nationale préconisée dans la loi 16/66. Ce souci du renforcement de la cohésion sociale donne une fausse vision d’homogénéité culturelle, une sorte de déni de la diversité ethnique qui enrichit la culture gabonaise.

Cette démarche semble s’inscrire dans le prolongement de la politique coloniale qui visait à faire disparaître l’identité des différentes communautés culturelles en s’attaquant au puissant vecteur d’identification qu’est la langue. En effet, d’aucuns estiment que l’utilisation généralisée de la langue française devait renforcer l’unité nationale (F. Gaulme, 1988).

Nous nous souvenons encore de la pratique du « symbole » dans nos écoles. En effet, pour interdire la pratique de nos langues, on faisait porter, dans certains établissements, les cornes de « zébus » à toute personne qui transgressait la règle. Par le fait de cette pratique, beaucoup de compatriotes avaient fini par avoir honte de s’exprimer dans leurs langues. Autrement dit, ils avaient honte d’eux-mêmes. Toutes choses qui nous éloignent de nos cultures.

 

 

 

 

III.3. Les difficultés du vivre ensemble par l’étude des conflits

 

Le vivre ensemble, du fait de la relation qu’on entretient avec l’autre, peut générer des conflits. L’étude des conflits a pour objectif de faire prendre conscience aux jeunes que le vivre ensemble génère des difficultés. C’est pourquoi les manuels abordent l’étude des conflits entre les différentes communautés nationales liées au peuplement de notre pays. Tout comme sont traités les conflits issus de la colonisation de notre territoire en passant par les deux guerres mondiales. Les conflits politiques internes des années 60 aux années 90 ne sont pas en reste.

 

III.3.1. Les résistances à la colonisation

 

Les manuels relèvent que les Gabonais ont été victimes des mauvais traitements relatifs à l’exploitation coloniale, au travail forcé dans des conditions effroyables et à la lourdeur des impôts. Ces mauvais traitements ont été à l’origine des mouvements de résistance.

-         Dans l’estuaire : en février 1862, à la suite d’un différend commercial avec des traitants de Glass, les Kélè des villages Mpongwè et Ning’Abundjè arraisonnent l’embarcation d’un commerçant européen et saisissent sa cargaison. Le capitaine Serval réprima durement cette révolte le 4 février 1862.

-         Dans le Moyen-Ogooué : En 1901, à la tête d’une coalition de treize clans fang, Emane Ntole s’opposa à la domination et à l’exploitation coloniales.

-         Dans l’Ogooué-Lolo : En 1928, les manuels signalent le mouvement dirigé par Wongo.

 

III.3.2. Les excès des compagnies concessionnaires

 

Les compagnies concessionnaires représentaient en fait un aspect de la pénétration commerciale européenne et plus particulièrement française au Gabon. Leur création constituait un pas important dans le sens du raffermissement de l’emprise économique française et de l’aggravation de l’oppression et de l’exploitation coloniales au Gabon. Or, les domaines concédés se situaient en majeure partie dans des régions encore mal ou pas du tout contrôlées par les autorités coloniales.

 

III.3.3. La première et la deuxième Guerre Mondiale

 

Ces deux guerres occupent une bonne place dans le manuel d’histoire de 4ème et 5ème années. Il est montré, à travers l’étude de ces conflits, la difficulté, voire l’impossibilité de vivre ensemble même au sein des pays dits développés.

 

III.3.4. Les conflits politiques de 1960 à 1990

 

Le manuel d’histoire du Cours Moyen évoque des conflits d’ordre politique qui ont émaillé la vie de notre pays depuis 1960 jusqu’aux années 1990. Il se penche aussi sur les efforts accomplis par les hommes politiques nationaux pour trouver une issue heureuse à ces malentendus : l’organisation de la Conférence Nationale qui a abouti à la réinstauration du multipartisme. Ce fut un véritable exemple de recherche du mieux vivre ensemble.

Paul Mba Abessole (2009, p.11) ne croit pas si bien dire quand il écrit : 

« L’unité nationale est primordiale pour un pays. Elle ne va pas de soi dans aucun pays du monde. Elle est toujours le résultat des efforts de tous. Elle prend forme au fur et à mesure des consensus qui exigent des concessions de chacun pour éviter des conflits dévastateurs. Au Gabon, où les élections exacerbent nos différences culturelles, la nécessité des consensus forts s’impose. »

 

 

III.3.5. Les regroupements régionaux

 

L’adhésion de notre pays aux regroupements régionaux tels que la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) et la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) participe du vivre ensemble. Outre ces groupements, le manuel montre l’ouverture du Gabon à toute l’Afrique avec la présentation de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) créée en 1963 et devenue Union Africaine (U.A.) en 2001. Ce qui témoigne de l’acceptation de l’autre, du vouloir vivre ensemble en dehors des frontières nationales.

En revanche, l’ONU et ses organismes sont absents dans l’enseignement primaire. Le traitement de ce sujet aurait démontré l’ouverture du Gabon au monde. Le citoyen gabonais est aussi un citoyen du monde.

 

CONCLUSION

 

 

Tous les textes visités expriment le souci de prendre en compte le vivre ensemble dans notre système éducatif. C’est ainsi que certaines valeurs y sont mises en relief. C’est le cas de la justice, de la liberté, du respect de l’autre et de l’égalité, pour ne citer que celles-là.

Les manuels d’histoire qui s’approprient ce souci montrent aux apprenants la nécessité de vivre ensemble en dépit des difficultés qui peuvent surgir.

Il ne suffit pas d’énoncer des valeurs. Il faut les vivre. Il ne sert à rien de dire à un apprenant de respecter les autres et d’être juste à l’égard de tous si les pratiques quotidiennes de l’Ecole ou de la famille lui montrent le contraire. Ce qui nous fait dire que d’autres formes  sociales doivent aider l’Ecole à accomplir sa mission. Compte tenu de la diversification de plus en plus forte de notre tissu social et qui s’exprime par la présence sur notre territoire de groupes sociaux et culturels aux valeurs, codes et traditions variées, il nous faut redéfinir un socle de valeurs communes. Vivre sur un territoire donné et avoir la nationalité correspondante n’implique pas nécessairement un sentiment d’appartenance, un lien civique, et ne signifie pas non plus le partage « automatique » des valeurs communes promues.

Il apparaît de plus en plus que les changements qui affectent le monde ont des conséquences sur l’enseignement de l’histoire et qu’il est désormais non seulement possible mais aussi nécessaire d’enseigner l’histoire d’une façon nouvelle. Les processus de mondialisation réduisent l’espace-temps, font affronter les cultures et troublent les identités.

Etre de chez soi et être citoyen du monde en même temps, vivre ensemble en bonne intelligence et pour le bien de tous tel est le profil de citoyen qu’on souhaite former. Pour ce faire, quelques conditions doivent être réunies, à savoir :

Ø Le droit à l’éducation qui implique une priorité politique et des conditions matérielles décentes : des classes, des livres et des maîtres formés ;

Ø Le droit à un enseignement objectif, honnête, ouvert et non pas doctrinal. Ce qui suppose les maîtres formés à la critique scientifique et l’existence d’un contexte démocratique ;

Ø Une volonté politique affirmée de rechercher le concept de « savoir-vivre ensemble ».

L’enseignement de l’histoire est en permanence sous la menace de dérives nationalistes et xénophobes. C’est pourquoi il convient de mettre en place, au-delà des contenus des programmes, des objectifs généraux d’apprentissage permettant de mettre en œuvre, au service de la compréhension mutuelle des concepts suivants : l’identité, l’altérité et l’universalité.

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

Abdallah-Pretceille, M. (2008). Ethique et diversité dans Education et Francophonie, Vol. XXXVI : 2, automne.

 

Audigier, F. (1988). Enseigner la société, transmettre les valeurs. L’initiatique juridique dans l’éducation civique. Strasbourg : Conseil de l’Europe.

 

Bureau International de l’Education et université de Genève (1998).

               Rapport Final du Colloque sur le thème Apprendre à vivre ensemble grâce à l’enseignement de l’histoire et de la géographie. Genève.

 

Gaulme, F. (1988). Le Gabon et son ombre. Karthala, Paris, 211 p.

 

Gouvernement Gabonais (1966). Loi 16/66 du 9 août 1966 portant organisation de l’enseignement au Gabon.

 

Honneth, A. (2000, traduit de l’Allemand). La lutte pour la reconnaissance. Paris : Les Editions du Cerf, 232 p.

 

Mba Abessole, P.(2009). Avec les yeux de nos ancêtres.Libreville,   76 p.

Mba Abessole, P. (2006). Aux sources de la culture Faη. L’Harmattan-Gabon. 104 p.

 

Ministère de l’Education Nationale. (2004). Histoire 3ème année. Paris.

 

Ministère de l’Education Nationale. (2004). Histoire 4è/5è année. Paris.

 

Ministère de l’Education Nationale. (1995). Extraits des programmes de l’Enseignement Elémentaire.

 

Moncer Rouissi (2002). L’apprentissage du vivre ensemble : partie intégrante de l’éducation à la citoyenneté. Dans Perspectives, Vol. XXXII, n°1, mars.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TABLE DES MATIERES

 

 

0-    INTRODUCTION………………………………………………...P.1

 

 

1-   LE VIVRE ENSEMBLE DANS LES TEXTES OFFICIELS

 

            Le vivre ensemble dans la loi 16/66 du 9 août 1966 portant organisation de l’enseignement au Gabon………….………….…P.3

            Le vivre ensemble dans les extraits des programmes officiels de l’école élémentaire ……………………………………………….P.4

            Le vivre ensemble dans le curriculum de l’Education de base……………………………………………..……………...….P.5

 

 

     2-LA CONTRIBUTION DE L’ECOLE AU RENFORCEMENT DU LIEN SOCIAL……………........…P.6

 

          2.1.     L’école face à une société plurielle……………….……….P.6

        2.2.    Un projet de société clair pour une meilleure construction du lien  social……………………...…………………………..……….P.8

           2.3.     De la nécessité de vivre les valeurs promues…………………..P.9

           2.4.      Les traditions comme source d’inspiration…………………..P.10

 

 

 

     3- LE VIVRE ENSEMBLE DANS LES MANUELS D’HISTOIRE DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE…...P.11

        

          3.1.     La représentation des composantes ethniques gabonaises……P.11

         3.2.    Le façonnement de l’identité………………………………….P.11

         3.3.    Les difficultés du vivre ensemble par l’étude des conflits...….P.14

                       3.3.1. Les résistances à la colonisation……………………P.14

                       3.3.2. Les excès des compagnies concessionnaires……….P.15

                       3.3.3. La première et la deuxième Guerre Mondiale…...…P.15

                       3.3.4. Les conflits politiques de  1960 à 1990………….....P.15

                       3.3.5. Les regroupements régionaux………………………P.16

  

 

    4- CONCLUSION…………………………………………….P.17

 

 

 

Léonard MBA ESSOGHO

[1] Cf Manuel de Géographie conçu par Frédéric MEYO BIBANG et Jean Martin NZAMBA, p.35. N’est-ce pas l’expression du débat sur l’appartenance ou non des Fang au groupe Bantu.

[2] Voir texte sur les migrations de populations, p. 72 dans le manuel d’histoire de 3ème année et résumé p.73.

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 12:22
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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 20:03

MEDOUNEU A LA CROISEE DE CHEMINS

 

D’ici quelques semaines ou quelques mois, des élections partielles seront organisées à travers le pays, en vue de remplacer les députés démissionnaires. C’est ainsi que  les populations de Medouneu sont appelées à choisir celui qui doit succéder à l’Homme de Barcelone.

L’enjeu est de taille. Une opportunité de changement s’offre aux populations du Haut-Como qui croupissent dans la misère depuis des décennies, sous la férule du Conspirateur National. En dépit du long règne de ce dernier, Medouneu n’a jamais donné un moindre signe de modernisation. La capitale du Haut-Como est restée la dernière ville de la Province du Woleu-Ntem. Cette situation a été voulue par un homme : celui qui, aujourd’hui, se jette aux pieds des électeurs aux fins de solliciter, une énième fois, un mandat de député pour perpétuer son cynisme. Nous savons que les mandats précédents n’ont rien apporté à Medouneu. AMO, pour ne pas le citer, a juré de sanctionner la population de son Département pour avoir soutenu massivement le RPG. Aussi, a-t-il décidé de les faire souffrir tant qu’il restera aux commandes.

Compte tenu de ce qui précède, les populations du Haut-Como doivent être conscientes des enjeux des prochaines partielles. Il s’agit, pour elles, de choisir entre la liberté et l’esclavage. A notre humble avis, un tel choix ne devrait pas être difficile à faire pour ces populations qui aspirent naturellement au progrès et à la modernisation de leur localité. Pour ce faire, elles doivent se méfier des manœuvres sordides du Conspirateur National jusqu’au boutiste. Tout comme elles ne doivent pas tomber sous le charme du dissident du PDG, car il nous revient qu’il est allé faire la comédie devant les populations du Haut-Como. Devant ces populations éberluées, l’Homme de Barcelone a fait couler des larmes de crocodile pour implorer leur sympathie, oubliant le tort causé à son Département.

Aux populations de Medouneu de prendre leurs responsabilités. L’Homme de Barcelone n’est pas le seul ressortissant du Haut-Como capable de représenter ce Département à l’Assemblée Nationale. Ce Département regorge se de cadres compétents mais étouffés par le Conspirateur National.

En définitive, les populations de Medouneu doivent se mobiliser pour sortir du joug de l’Homme de Barcelone dont l’objectif est de garder le Haut-Como en marge du développement.

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 20:01

Cette nouvelle rubrique examine, au-delà des discours politiques, le dossier de chacune des figures de proue  de l’Union Nationale (UN) alias Club National des Dissidents, Exclus et Aigris du PDG (CNDEA-PDG). Qui sont réellement ces leaders ? Quels actes ont-ils posé dans le passé ?  Les réponses à ces interrogations permettront aux compatriotes qui en ont une connaissance approximative de se faire une tête sur les intéressés. Elles auront le mérite de mieux orienter leurs choix. Dans la présente parution, nous ouvrons le dossier de l’Homme de Barcelone, illustrissime fils et créateur du Département du Haut-Como. Il s’agit de celui qui se croit doté d’un cerveau exceptionnel. Autrement dit, André MBA OBAME alias AMO.

Rentré au Gabon vers les années 80 sans rien, le Conspirateur National est devenu aujourd’hui un multimilliardaire. Pour ce faire, il s’est constitué quelques fonds de commerce que sont  essentiellement:

-          son neveu, Paul MBA ABESSOLE, derrière le dos duquel il a fait fortune. En effet, depuis son retour de France, il a mis son intelligence au service du mal. Toutes ses réflexions portent essentiellement sur la destruction de son neveu. C’est à lui que le pouvoir a confié ce sale boulot. Dans nos sociétés traditionnelles, on sait le sort qui est souvent réservé à un oncle maternel qui est l’auteur ou le complice de la mort d’un neveu;

-          son département d’origine, le Haut-Como. Tout le monde se souvient encore du lancement des travaux de l’axe routier Kougouleu-Medouneu au temps d’OBO, père d’AMO. Qu’a-t-on fait de ce grand projet ? Qui l’a bloqué ? AMO, l’actuel Secrétaire Exécutif de l’UN ou son Président, MYBOTO alors Ministre des Travaux Publics ? Les populations de la zone concernée, qui en ont déjà plein le dos, attendent toujours les réponses à ces questions. C’est un truisme de dire que le seul mot qui illustre bien la situation dans laquelle se trouve le Département du Haut-Como est bien misère. Les malades de ce Département vont se faire soigner en Guinée Equatoriale sans que cela n’émeuve son illustrissime fils et créateur. Que dire du Collège d’Enseignement Secondaire qui porte le nom de son illustre père ? Il est inachevé alors que MBA OBAME était bien Ministre de l’Education Nationale. Le créateur du Haut-Como s’est allègrement illustré dans le détournement des fonds destinés, entre autres, à l’électrification de Medouneu et à la réfection de l’Eglise St Jean Baptiste de la même localité. Il s’est également rendu coupable du blocage du projet de construction de la cité des agents de la Direction Générale de l’Immigration et d’une perception moderne dont il avait retiré les plans des mains de l’architecte.

Il avait dit qu’il avait la clé des élections. Où est-elle ? Il a dit qu’il n’y aura pas de coup d’état électoral. Le coup d’état électoral a eu lieu.

Après tout cela, qui est-il finalement ?

AMO n’est tout simplement qu’un conspirateur, un mythomane, un bluffeur, un blagueur et  un kleptomane.

 Au juste, dites-nous AMO. Que vous êtes-vous dit avec JOYANDET le mercredi 24 février 2010, dans l’une des villas de la Sablière ? Vous y étiez  le seul membre de l’Union Nationale (UN) alors que vous n’êtes que le Secrétaire Exécutif de ce Parti. Dites toute la vérité à vos amis ou bien nous nous chargerons de le faire à votre place.

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 19:59

La « logothérapie » est un néologisme introduit dans le discours politique gabonais par le leader du RPG, en 2008. Il est composé de deux éléments, logo et thérapie. Logo vient du grec logos qui signifie « parole, discours ». Quant à l’élément thérapie, il vient du grec  therapeia qui veut dire « soin, cure ». Autrement dit, la logothérapie est une méthode qui consiste à soigner par la parole, le discours. Elle privilégie le dialogue, la discussion entre les habitants d’un même pays et concourt au renforcement de la démocratie conviviale que Paul MBA ABESSOLE définit comme « un système où l’on s’accepte différent, chacun mettant sa différence à la disposition de l’autre pour faire émerger une nouvelle dynamique de progrès communautaire. Elle suppose un choix libre qui n’est pas imposé par des événements extérieurs, mais inspiré par la volonté de chacun de se mettre au service des autres. Ici, on s’enrichit mutuellement. L’autre n’est pas un mal nécessaire, mais une richesse qui me permet de m’épanouir d’une manière optimale…La démocratie conviviale veut instaurer entre nous une concurrence basée sur les idées et sur la capacité de chacun de nous à les transformer en source de développement. Dans ce cadre, nous évitons que les intelligences ne se crispent, car une intelligence tendue engendre des monstres qui sont la haine, la jalousie, le mensonge, la torture, le meurtre. » Lorsque nous discutons et faisons ainsi connaître nos idées aux autres, les préjugés auxquels nous sommes assujettis tombent. Nous nous introduisons alors dans les valeurs universelles. Petit à petit, nous comprenons les idées que nous combattions jadis avec acharnement pour les mettre au service du peuple. La logothérapie est une méthode qui nous permet d’endiguer la violence entre les individus, entre les familles, entre les partis politiques. Elle fait appel à des solutions négociées, sans effusion de sang. Cette méthode sème la paix, car la paix entre les membres d’un groupe humain est une des conditions essentielles de la tranquillité de celui-ci. La discussion et le dialogue transforment les relations conflictuelles en relation de complémentarité pour la construction d’une société plus humaine. Pour ce faire, nous devons tenir compte de tous les types de diversité, notamment la diversité de talent, de tempérament et d’expérience. La logothérapie s’inspire des traditions gabonaises et s’ouvre à d’autres possibles. Elle priorise ce qui construit notre pays, le transforme et le crédibilise. Elle est le socle de l’ethnoconvivialité qui est le vivre ensemble des ethnies et la possibilité de décider ensemble par des individus membres des ethnies. Etant donné que nous subissons tous l’influence de nos ethnies, il y a donc lieu de privilégier les discussions entre cultures, entre ethnies.

 

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 19:57

C’est l’argent qui endeuille nos familles. C’est aussi cet argent qui affaiblit et tue les partis politiques et les syndicats, nos instruments de lutte pour la libération du pays. Cet argent mortifère vient de :

-         La corruption : il nous est proposé par ceux qui ne veulent pas que notre pays avance. C’est l’argent qui nous empêche de faire correctement notre travail et qui nous rend esclaves de ceux qui nous l’offrent. L’argent de la corruption tue notre conscience ;

-         La trahison : quand on nous propose de l’argent pour déstabiliser nos amis et abandonner nos partis politiques. Autrement dit, quand nous recevons de l’argent en vue de remettre en cause notre devoir de fidélité ;

-         Le vol : quand nous détournons les deniers publics, pénalisant ainsi toute la communauté au service de laquelle nous sommes ;

-         Du sang : quand nous cherchons à faire fortune par les sacrifices humains ;

-         La transformation des autres en fonds de commerce : quand nous cherchons à  faire fortune derrière le dos des autres.

En somme, c’est de l’argent malhonnêtement acquis. C’est de l’argent facile. C’est de l’argent sale. Cet argent tue notre dignité d’homme et fait de nous de véritables bêtes sauvages. Cet argent tue nos ambitions et retarde le développement de notre pays. Il nous rend arrogants. Avec un tel argent, nous n’avons plus de respect pour personne. Cependant, les affaires financées par cet  argent mortifère ne peuvent prospérer. Des malheurs, apparemment inexplicables, s’abattent sur les détenteurs d’une fortune mal acquise. On peut, par exemple, perdre tous les investissements issus de cet argent sale par le feu, la foudre ou par toute autre catastrophe naturelle. Le bonheur que procure cet argent est très éphémère.

Une grande partie de la masse monétaire qui circule dans notre pays fait partie de cet argent sale. C’est pourquoi notre pays n’avance pas. La prospérité d’un pays ne peut reposer sur le sang humain, la trahison, le vol, la corruption et la malhonnêteté. Il nous faut avoir un nouveau rapport à l’argent si nous voulons que notre pays retrouve le concert des pays développés. Il faut que nous tournions le dos à la facilité afin de nous conformer aux instructions divines qui nous commandent de manger à la sueur de notre front.

Je vous laisse méditer ce passage du livre de Albert  TEVOEDJRE  intitulé La pauvreté, richesse des peuples : « L’argent, devenu notre maître, nous dicte toutes nos extravagances, toutes nos faiblesses, tous nos abus. A cause de l’argent qu’il nous faut à tout prix, nous nous mettons en danger de n’avoir plus de culture authentique, plus de liberté, plus de respect pour rien, plus de famille… C’est Néron qui s’installe, plus arrogant que jamais. »

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 19:49

 

Les questions de nos compatriotes suscitées par la situation politique actuelle du Gabon nous incitent à la réflexion sur le fonctionnement de notre système politique. En effet, beaucoup de compatriotes sont désarçonnés par notre culture politique. D’où les questions suivantes : A quoi ça sert de faire la politique aujourd’hui au Gabon ? Dans la confusion actuelle, que peut-on en tirer ? A qui faire confiance, dans la mesure où on ne sait plus qui est opposant ou qui ne l’est pas ? Pourquoi certains opposants acceptent-ils d’entrer au Gouvernement ? Ces questions expriment les dysfonctionnements et l’inadaptation du système politique à notre contexte. Il faut dire que ce système oppose continuellement des clivages politiques qui gravitent autour d’une majorité et d’une opposition. C’est comme si ces deux camps n’avaient rien en partage. Or, dans nos sociétés traditionnelles, il n’y avait pas de camps tranchés (opposition/majorité). Ainsi pouvait-on s’opposer à telle décision du groupe et partager le point de vue de celui-ci pour un autre dossier. Ce qui suppose une concertation permanente et une prise en compte des points de vue minoritaires. Autrement dit, notre société traditionnelle ne marginalisait personne. Nous savons qu’un mode de vie fondé sur la négation de l’autre est particulièrement grave, car il contribue à la désagrégation de notre communauté. Notre système politique actuel a accentué le manque de communication entre nos concitoyens. Or, toute société doit favoriser les rencontres directes entre ses membres, mais également s’ouvrir au monde afin de mettre un terme à toutes sortes de discrimination et à la généralisation de la violence. Sans condamner la liberté d’expression et d’opinion, il faut reconnaître que nos clivages politiques ne sont pas adaptés à notre contexte et freinent considérablement notre régénération. Que faire alors face au rejet du politique par le citoyen ? Quelle attitude adopter pour engager résolument notre pays vers le développement durable ? L’idéal, aujourd’hui, serait, pour nous, de favoriser la mise en place d’un gouvernement réunissant, toutes tendances confondues, les personnalités les plus aptes à diriger les affaires de l’Etat. Cela nécessite, pour nos hommes politiques, un nouveau type de comportements. Ainsi, nous devons nous débarrasser de notre suffisance, de notre arrogance, de la ruse et du mensonge. Nous devons accepter de tout remettre à plat pour un nouveau départ. Pour sortir du marasme actuel et reconquérir la confiance du peuple, il faut un consensus fort. La situation du moment exige à chacun de nous un sursaut patriotique. Aucun camp ne peut, quel que soit le génie de ses membres, relever tout seul les défis auxquels nous faisons face. L’étude des formes d’organisation politique des sociétés traditionnelles des pays du sud nous amène à conclure que l’Occident a beaucoup à apprendre d’elles. Nous devons être nous-mêmes des exemples plutôt que des imitateurs serviles des modèles étrangers. Qu’il s’agisse des sociétés précoloniales du Gabon, des Semang de Malaisie, des Fokon’olona du pays mérina (Madagascar) ou des indiens d’Amazonie, le consensus était leur mode de prise de décision. Leur consensus faisait que le résultat n’était pas seulement un groupe plus égalitaire mais aussi un groupe satisfait, dans lequel chaque membre avait une chance de se sentir important au sein du groupe.

                                                                       LE  GABONAIS

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