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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 20:18

Dans le cadre de ses universités, la Confédération Patronale Gabonaise (CPG) a organisé une série de conférences-débat à la Cité de la Démocratie, du 17 au 18 juin 2011. Parmi les conférenciers invités par Monsieur Jean-Claude OYIMA, Président de la CPG, il y avait le Père Paul MBA ABESSOLE qui a animé une conférence-débat  le 17 juin 2011 à 14h30, à la Cité de la Démocratie, sur le thème: "Travail et développement", avec comme Modérateur Monsieur Bernard VOLKER, Directeur Général de 3ATELESUD.

 

D'entrée de jeu, le Conférencier a invité ses compatriotes à se mettre au travail, car ils doivent comprendre que seul le travail peut nous conduire vers le développement. Ensuite il a décliné le plan de son exposé qui s'est articulé autour de quatre grands points, à savoir:

  • une relecture des budgets du Gabon depuis 1960;
  • une définition du travail à partir de son expérience personnelle;
  • une définition du développement avec deux exemples de développement (cas de la Chine et du Japon);
  • quelques perspectives.          

De la relecture des budgets de 1960 à 2011, l'on retiendra qu'avec une population de 400 000 habitants en 1960, le Gabon avait un budget de 4 milliards de francs CFA alors que dix années plus tard (1970), celui-ci a été multiplié par quatre, avec une population de 500 000 habitants. En 1980, ce budget a été multiplié par dix avec une population de 800 000 habitants. Aujourd'hui, il s'élève à plus de 2000 milliards, sans qu'aucun changement bouleversant ne soit constaté. La vérité, pour le Conférencier, c'est qu'il y a eu une mauvaise gestion. En somme, conclut-il, les Gabonais n'ont pas travaillé. La situation actuelle, selon l'orateur, doit faire prendre conscience à ses compatriotes que le travail constitue, pour eux, la seule possibilité d'émerger.

 

S'agissant de sa définition du travail, Paul MBA ABESSOLE, en bon exégète, rejette la vision péchéiste du travail. Selon ses références bibliques, l'homme devait toujours travailler (intellectuellement et manuellement). Le travail n'est pas une punition. C'est ainsi qu'il définit le travail comme un effort physique, intellectuel soutenu destiné à fournir à l'homme ce qui est nécessaire à sa vie et à transformer son environnement  en un monde humain. A propos du travail, Paul MBA ABESSOLE cite Saint Paul:"Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus". Le travail apparaît alors pour le Conférencier comme une nécessité absolue pour la santé de l'être humain.

 

Le travail est multiforme et exige un apprentissage de l'homme. On a besoin d'une formation pour répondre aux exigences des multiples formes du travail (travail de recherche, d'organisation, de coordination, de gestion et d'exécution). Il faut y consacrer du temps.

La formation implique des moments d'apprentissage, car on ne peut pas faire un travail pour lequel on n'a pas été initié.

Paul MBA ABESSOLE a également abordé le problème des dysfonctionnements de notre système éducatif ( déperditions scolaires, effectifs des élèves scientifiques très faibles, insuffisance des techniciens, etc) qui a un impact sur l'emploi.

Des considérations ethniques et politiques constituent un frein pour l'accès au travail. En dépit de la qualité de la formation reçue, certains jeunes compatriotes n'arrivent pas à se faire embaucher en raison de leur appartenance ethnique ou/et politique.

 

Quant au développement, il le définit comme le passage d'un état à un autre meilleur. Ce passage ne peut être effectif si l'on est oisif. Il faut que les Gabonais se mettent au travail pour améliorer leur condition. Il a toutefois fait observer que l'on ne peut travailler si on a un ventre vide. Ses différentes tournées sur le territoire gabonais lui ont appris que les gabonais ont faim et sont mal formés. Il a exhorté les Gabonais à suivre l'exemple de la Chine et du Japon.

 

Dans les perspectives, Paul MBA ABESSOLE préconise des partenariats entre les écoles et les entreprises qui devront initier les jeunes à certaines tâches. On pourrait également avoir recours au service militaire obligatoire pour l'apprentissage de certains métiers.

Avec un brin d'humour, il a fait observer que par le terme émergence nous avons reconnu que notre pays était au fond de l'eau. Or personne ne peut indéfiniment y demeurer sans mettre sa vie en danger. Pour ce faire,le travail de tous les bras et de toutes les intelligences des Gabonais feront de ces derniers les premiers acteurs de l'ascension de leur pays.

Le travail d'équipe constitue aujourd'hui la garantie du succès.

 

L'exposé a été souvent ponctué d'applaudissements. Ce fut donc une conférence extrêmement animée. Ce qui a fait dire au  Modérateur, Monsieur Bernard VOLKER, au terme de l'exposé:"Merci Monsieur le Premier Ministre, vous nous avez instruit dans la joie".

L'on regrette cependant que certains conférenciers aient quitté la salle avant le passage de Paul MBA ABESSOLE qui, pour sa part, a suivi l'ensemble des conférences programmées.

Il faut également souligner qu'avant l'exposé de MBA ABESSOLE, sans l'avoir écouté, un des participants, s'adressant à son voisin, lui a dit:"La conférence qui va suivre (celle de MBA ABESSOLE) n'est pas intéressante". Comment a-t-il fait pour savoir que l'exposé de l'ancien Vice-Premier Ministre n'était pas intéressant? Voilà une catégorie de Gabonais qui vivent avec des préjugés et qui ne font pas appel à leur raison.

 

 

 

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