Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 23:56

 

1248957018-MBA

 

 

L’un des problèmes auxquels nous devons réfléchir, à l’aube de ce 21ème siècle, est celui de notre unité qui n’est encore qu’un mot sur nos lèvres. Tant il est vrai que nos responsables politiques, depuis l’indépendance, n’ont rien fait de vraiment significatif dans ce sens.

Qu’est-ce que l’unité ?

Elle est la décision d’un groupe d’êtres humains de travailler ensemble pour atteindre des objectifs communs.

C’est une décisionElle implique un choix délibéré. Quand il s’agit d’un groupe, elle signifie la rencontre de plusieurs libertés en dehors de toute contrainte. Nous nous trouvons donc face à un acte hautement rationnel.

d’un groupeun groupe suppose plusieurs éléments qui se choisissent parce qu’ils se connaissent et se reconnaissent à la fois. Ils se connaissent d’abord eux-mêmes. Ils savent qu’ils peuvent entrer en relation avec les autres sans aucun préjudice, que dans cette relation, ils sauvegarderont aisément leur identité. En d’autres termes, ils ont vaincu en eux-mêmes la peur de l’autre. Ils connaissent aussi les autres dans ce qu’ils sont, ce qu’ils ont de commun avec eux et leur différence. Ils prennent le risque d’avancer, de former et de poursuivre des objectifs avec eux.

Un groupe demande un minimum d’organisation. Cela suppose des règles qui gèrent la vie commune, règles auxquelles tous doivent se soumettre. Chacun doit jouer son rôle spécifique en corrélation avec ceux des autres pour maintenir l’harmonie du groupe.

Il ne suffit pas de reconnaître la différence des autres, il faut encore en comprendre la nécessité pour la bonne marche de l’ensemble. Ainsi comprise, la différence n’est plus une gêne, un obstacle, mais un tremplin pour aller plus loin, par conséquent une capacité de progrès, de développement.

de travailler ensemble…

Travailler ensemble veut dire conjuguer des efforts pour produire quelque chose, mettre les intelligences au travail pour organiser la vie du groupe. Cela signifie aussi s’enrichir mutuellement, mettre ses compétences au service des autres.

 

 

pour atteindre des objectifs communs

Les objectifs sont des buts, des cibles que tout groupe réfléchi doit déterminer avec précision. Ainsi les libertés peuvent-elles se motiver. L’intelligence n’admet pas le flou. Elle ne se met en activité que dans la clarté.

Ces objectifs doivent correspondre aux aspirations de chacun. En d’autres termes, chaque élément du groupe doit trouver son intérêt dans les objectifs fixés. On ne doit pas dissocier ce que fait un être humain de l’intérêt qu’il doit en tirer.

Qu’est-ce qui a empêché de construire l’unité nationale ?

C’est d’abord le manque de volonté politique des responsables gabonais. Chacun tenait tellement à sa différence que l’unité n’a pas paru comme une nécessité pour notre progrès. Le thème de l’unité était un argument électoraliste et non pas une volonté politique. L’on peut dire que même aujourd’hui il n’y a pas beaucoup de leaders politiques vraiment désireux de l’unité nationale dans les traits.

C’est ensuite le monopartisme qui est par définition le refus du choix politique libre aux citoyens. Dans ce contexte de contrainte, on ne pouvait avoir confiance en personne. Le parti ne pouvant pas être l’unité politique de base où on discutait en toute confiance avec l’autre, on s’est réfugié dans l’ethnie ou dans la famille. Là, pensait-on, on était à l’abri de toute trahison. Erreur ! c’est peut-être dans l’ethnie et la famille où l’on est le plus gravement exposé à la trahison et au sabotage de son action politique.

C’est aussi les complexes ethniques. En réalité, chaque ethnie se croit supérieure aux autres. Elle a, à cause de sa langue et de sa culture, une vision spécifique du monde. Personne d’autre qu’elle n’a cette vision. Elle la croit meilleure et, de ce fait, a le sentiment d’être supérieure aux autres. Elle a tout à fait raison subjectivement. Il n’est pas bon de lui détruire ce sentiment qui est légitime. Mais nos ethnies, par leurs contacts, doivent s’entraider pour relativiser leur vision du monde et voir enfin qu’elles sont complémentaires. Aucune facette d’un kaléidoscope n’est supérieure à une autre, mais ensemble elles forment une sorte de symphonie.

C’est enfin le refus de la transparence. L’unité nationale est impossible tant qu’on refuse la transparence. On privilégie alors les magouilles, la débrouillardise. On préfère se naviguer dans l’illégalité. […]

Comment construire l’unité nationale ?

En ce qui concerne nos différences ethniques notamment, il faut les étudier très attentivement afin de se rendre compte des lacunes des unes et des autres et mettre ainsi en relief leur complémentarité.

Le pouvoir doit mettre tout en œuvre pour permettre une circulation plus facile à travers le territoire. Des rencontres culturelles, des voyages interprovinciaux sont indispensables pour établir des liens d’amitié entre les membres des différentes ethnies gabonaises. Car lier d’amitié avec un autre différent d’une autre province, d’une autre ethnie, c’est construire la nation et son unité.

Un autre moyen de construire l’unité nationale, c’est aussi instituer un cours d’éducation civique. A l’heure actuelle, au Gabon, les jeunes aussi bien que les adultes ont besoin d’apprendre ce que sont le bien commun, la tolérance, le respect des autres, l’amour de la Patrie, les droits de l’homme, la charte des libertés, etc. Rien de tout cela n’est pris en compte par les gabonais actuellement.

L’unité nationale est une nécessité absolue pour notre pays si on veut qu’il décolle économiquement.

 par  Paul MBA ABESSOLE (08/08/1991)

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires