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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 14:41

La réalité ethnique, dans notre pays, est considérée comme un phénomène nocif et dangereux. S’y référer ne peut que déclencher les diables de la division, prétendent certains compatriotes. Or, la réalité ethnique, selon nous est une richesse, une force. Le groupe ethnique constitue, pour chacun de nous, son affiliation principale. L’ethnie nous  fournit les moyens de notre identification sociale ainsi que les moyens linguistiques et culturels de notre existence. Au Gabon, on est avant tout membre de son groupe ethnique. Ainsi, ce dernier remplit, à l’intérieur de notre société une fonction capitale. Par conséquent, l’organisation politique de notre pays doit prendre en compte cette réalité. Nous devons reconnaître à chaque groupe ethnique le droit de contribuer à la vie politique tout en préservant son identité. C’est ce qu’un leader politique national appelle le « Droit à la différence ». Toute politique d’unification nationale cohérente, affirme -t-il, doit partir du droit à la différence. En reconnaissant à chaque individu et à chaque groupe ethnique sa personnalité spécifique, on en fait un facteur de stabilité nationale. L’unité réalisée à partir de cette reconnaissance est positive et durable, parce que obtenue, non par contrainte mais par choix libre. Reconnaître le droit à la différence, c’est accepter qu’il y a, au Gabon, plusieurs idéaux politiques, plusieurs façons de les atteindre.

Pour garantir le Droit à la différence, nous soutenons la proposition d’un leader relative à la création d’un Conseil chargé de l’Ethnoconvivialité. Dans l’entendement de ce leader, ce Conseil est indissociable de notre démocratie multipartiste. C’est à l’intérieur de cette instance que les différents groupes ethniques doivent confronter leurs objectifs et leurs ambitions. Le Conseil chargé de l’Ethnoconvivialité aurait donc la responsabilité de les assumer, de les synthétiser pour établir un grand projet sociétal. Il pourrait se substituer à l’actuel Conseil National de la Démocratie dont il faut revoir les missions et la structure. A travers ce Conseil auquel pourrait être rattaché le Conseil Economique et Social, tous les groupes ethniques participeront et détermineront d’une manière significative l’évolution politique, économique et culturelle de notre pays.

La réflexion sur cet aspect important de la vie de notre pays doit être engagée et approfondie. Cette réflexion doit tenir compte de la représentativité ethnique et de la nécessité de barrer la route à toute initiative consistant à créer une formation monoethnique. Notre vision risque de  se heurter aux complexes ethniques. En réalité, chaque ethnie se croit supérieure aux autres. Elle croit que sa vision du monde est meilleure et, de ce fait, a le sentiment d’être supérieure aux autres. Mais nos ethnies doivent s’entraider pour relativiser leur vision du monde et voir enfin qu’elles sont complémentaires. Il y a lieu de transcender ces complexes et voir l’intérêt supérieur du Gabon.

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