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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 19:42

      R  P  G                                           MINLAN

 

Liberté-Equité-Solidarité    

 

Numéro Spécial 2ème Edition Journées d'Amitié du Rassemblement Pour le Gabon


« Nos langues sont porteuses et génératrices de science. Elles sont des lieux de développement intellectuel… Elles constituent les supports de nos traditions séculaires. Elles disent leur environnement  et sont des matrices de nos types de pensée. »

Paul Mba Abessole.

 

La deuxième Edition des Journées d’Amitié du Rassemblement Pour le Gabon s’est déroulée à Libreville du 29 au 30 juin 2012. Une seule activité était programmée le vendredi 29 juin. Il s’agit de la Messe d’action de grâce. Celle-ci a eu lieu à l’Eglise St André sise aux Trois Quartiers. Par contre, le siège du RPG a enregistré de nombreuses activités telles que l’installation du Bureau National des Jeunes du RPG suivie de deux conférences animées respectivement par madame Jeanne Ndong et le Président Paul Mba Abessole sur les thèmes suivants :

-          L’élaboration d’un budget familial (Jeanne Ndong).

-          L’importance de l’apprentissage des langues nationales au Gabon (Paul Mba Abessole).

A ces activités se sont ajoutées, outre la compétition de Songho, l’animation culturelle (groupe Haoussa et Elone de Sima Mboula), une exposition couture-broderie faite par Madame Philomène Mba Essogho.

 

De l’installation du Bureau national du Mouvement des Jeunes du Rassemblement Pour le Gabon

 

C’est le Président Paul Mba Abessole qui a personnellement procédé à l’installation du Président du MDJR, Jeff Elle Ngomo. Après le geste symbolique, Paul Mba Abessole a prodigué des conseils au nouveau promu. Auparavant, il a reconnu les qualités du nouveau responsable des jeunes du RPG. Cependant, il a rappelé à Jeff Elle Ngomo qu’un responsable doit avoir les pieds sur terre pour résister à d’éventuelles bourrasques. Aussi a-t-il attiré son attention sur le fait que ceux qui seront contre lui ne seront pas forcément ceux à qui il aura causé du tort. Le nouveau président des jeunes doit également retenir que si sa fonction semble innocente pour lui, elle ne l’est pas pour tous ceux qui l’entourent. Mba Abessole lui a recommandé d’avoir un esprit ouvert, car il ne sait pas ce qui se passera d’ici cinq ans. D’autres partis peuvent naître. Si tel est le cas, que fera-t-il ? Le Président du RPG a même évoqué un cas extrême, la suspension de toutes les institutions de la République. Dans un tel scénario, nous ne pourrions discuter qu’avec ceux qui étaient déjà en contact avec nous. Dans la situation actuelle, la foule et l’argent ont peu d’importance. Il faut surtout qu’une élite émerge. Nous devons désormais nous intéresser à ceux qui regardent l’avenir. Il n’est plus question de s’enfermer dans sa province, dans son ethnie.

Jeff Elle Ngomo doit avoir à l’idée que le chef est seul. Quand il prend les décisions, celles-ci l’engagent. Le chef ne doit pas se laisser enfermer par des gens. Il doit partager l’expérience de tout le monde. Tout le monde n’est pas obligé d’aimer le chef. Ce dernier doit regarder où il va. Tout comme il doit savoir relativiser les problèmes auxquels il est confronté.

A la suite de l’intervention du Président du RPG, le nouveau président du MDJR a prononcé une allocution dont voici le texte intégral :

 

« Je tiens à vous dire la joie qui est mienne aujourd’hui ainsi que celle de mes amis du nouveau Bureau National du Mouvement des Jeunes du Rassemblement d’être avec vous ici, dans ce haut lieu de fermentation des grandes pages de notre histoire politique lointaine et récente.

-          Que e grandes idées sorties des laboratoires du RPG pour l’avancée démocratique de notre pays, le Gabon !

-          Que de têtes formées ici et qui font le bonheur d’autres partis aujourd’hui.

Nous, jeunesse du RPG, héritière d’une tradition de rupture avec l’obscurantisme et qui a payé et paie encore un lourd tribut dans le long combat de notre nation pour une souveraineté sans faille et entière acquise à la cause du peuple. Permettez-moi de rendre un hommage mérité aux filles et fils du RPG qui, pendant plus de vingt ans, ont refusé de servir l’argent comme certains de leurs contemporains. Vous avez donc privilégié votre intégrité, votre sens élevé du sacrifice, pour dire votre sens du devoir. Je vous dis bravo, car avec une telle conviction, des observateurs avertis de la vie politique au Gabon reconnaissent qu’avec vous notre Parti, le RPG, a encore beaucoup d’années devant lui, contrairement à d’autres partis dont aucune stratégie n’est possible en dehors de l’association « argent-communauté ethnique ».

J’ai aussi une pensée militante et affectueuse pour tous les jeunes du Gabon, qu’ils soient de la diaspora, des villes, des banlieues ou des campagnes, qui partagent avec nous les mêmes idéaux et luttent contre les mêmes démons de la division, de despotisme et d’ingratitude, qu’ils soient dans nos rangs ou dans ceux des partis amis. Mes chers amis, dans la page 5 de son ouvrage intitulé « Avec les yeux de nos ancêtres », notre leader, le Président Paul Mba Abessole dit ceci à l’intention de la jeunesse gabonaise : « Vous ne devez ni renoncer à vos rêves ni à vos ambitions, quelle que soit votre situation. Il y a toujours une sortie quelque part ». A travers cet appel, je voudrais que chacun d’entre nous sache que le rêve est possible. Faire du Gabon un pays développé où l’Ecole, l’Hôpital, le logement sont cadeaux, et le travail pour tous : c’est non seulement la mission que l’histoire assigne à notre génération, mais c’est surtout un rêve possible. Rendre à l’individu sa dignité, en lui permettant un accès facile à la nourriture, au travail, aux soins médicaux, au logement, à l’éducation, à la culture et à l’électricité, c’est un rêve possible. Je ne reviendrai pas ici sur la démonstration du caractère réalisable de cette mission. Le projet de société du RPG est plus qu’édifiant là-dessus. Cependant je voudrais partager avec vous le désir de voir des hommes et des femmes jeunes aller aux responsabilités, non pas pour se servir mais pour servir avec dévouement et générosité le Gabon. Je voudrais que ces jeunes puissent aller la main dans la main avec les moins jeunes pour que la transmission d’expérience se fasse et que le pays soit construit au bénéfice de tous. Je voudrais partager avec vous le désir de voir les discriminations, les violences et les souffrances être dépassées, celui de voir une société dont la préoccupation centrale n’est plus l’avoir mais l’être humain. Bref, je voudrais que tous ensemble nous parvenions à humaniser notre pays. Monsieur le Président, les membres du Bureau National des Jeunes du Rassemblement tout fraîchement installés vous remercient pour la confiance placée en eux et vous rassure de toute leur disponibilité et leur détermination à porter toujours plus haut le flambeau du Parti. Mesdames et Messieurs les membres de la Direction du Parti, le Bureau National, par ma voix, vous exprime toute sa reconnaissance pour avoir permis l’investiture de plusieurs jeunes à la dernière élection législative de décembre 2011. Oui, c’est la première fois que notre parti enregistre autant de candidatures jeunes. Soyez en remerciés. Je tire également le chapeau à mon prédécesseur, l’ami Laurent Angue Mezui pour le travail abattu à la tête de notre structure. Je puis vous assurer que je ne ménagerai aucun effort à garder cette flamme toujours allumée pour les défis à venir.

Vive le Mouvement des jeunes du Rassemblement,

Vive le RPG pour un gabon moderne et uni.

Je vous remercie ».

Jeff-François Elle Ngomo

 

De la 1ère Conférence sur le thème : « L’élaboration du budget familial »


Cette conférence était animée par Madame Ndong Jeanne, enseignante d’économie familiale.

D’entrée, la conférencière s’est attelée à définir les objectifs de l’économie familiale et sociale. Selon Madame Ndong Jeanne, cette discipline a pour objectifs : la bonne gestion des ressources familiales, l’optimisation de ces ressources, le développement de l’autonomie, l’analyse des situations-problèmes, la maîtrise de l’élaboration du budget, le développement et l’équilibre des ménages, la satisfaction des besoins utiles, la hiérarchisation des achats et des dépenses. La conférencière est partie d’un constat : l’existence d’une crise sociale et économique ainsi que la mauvaise gestion des ressources. Cette situation nécessite selon Madame Ndong, la formation sur la gestion des ressources. C’est ce qui justifie le choix de ce thème. Par ailleurs, la conférencière a procédé à la définition de certains concepts tels que le budget (catégories de budget : équilibré, déficitaire et excédentaire), les revenus (mensuels, trimestriels, anuels), les dépenses (hebdomadaires, mensuelles et annuelles), les systèmes de gestion (ouverture de comptes, pratique des enveloppes, caisse familiale). Madame Ndong  a fait un long développement sur les conséquences d’une mauvaise gestion (déséquilibres familiaux, la délinquance juvénile, croissance du taux de criminalité). Elle a insisté sur le fait que le budget est un instrument de stabilisation des familles et de la société. C’est pourquoi elle a invité les uns et les autres à être réaliste et à se conformer à leurs possibilités. Enfin la conférencière a prodigué quelques conseils pratiques aux participants. Les échanges qui ont suivi la présentation de l’exposé ont été très enrichissants. Ils vont certainement permettre à la conférencière de mieux affiner le contenu de sa production. La plupart des interventions des participants ont mis un accent sur la contextualisation du contenu. La conférencière, aux dires de certains participants, devrait intégrer nos réalités dans ses recherches.

 

De la 2ème Conférence sur le thème : « L’importance de l’apprentissage  des langues nationales au Gabon »


Cette conférence était, quant à elle, animée par le Père Paul Mba Abessole, Linguiste et Président du Rassemblement Pour le Gabon.

Mba Abessole part d’un constat : la plupart de nos enfants ne savent pas parler nos langues nationales. Cette situation est d’une extrême gravité pour le conférencier. A son avis, tout le monde doit se mettre au travail pour renverser cette tendance. C’est dans cette veine qu’il propose l’organisation d’un concours sur l’expression orale et écrite dans nos langues nationales. C’est un moyen de faire parler ces langues qui constituent des portes de passage de nos connaissances séculaires. Mba Abessole pense que toutes nos langues sont de vraies langues. Nous devons nous efforcer de les lire et de les écrire. Son exposé s’articulait sur cinq points, à savoir :

-          Les généralités sur la langue.

-          Les préjugés dont elles sont victimes.

-          L’importance des langues gabonaises.

-          Les langues gabonaises, langues scientifiques.

-          Les langues gabonaises : que faire ?

S’agissant du premier point, Paul Mba Abessole a défini la langue. Selon ce linguiste, la langue est instrument dont on se sert pour transmettre des messages à ses locuteurs. Elle est constituée des signes vocaux spécifiques aux communautés qui la pratiquent. Elles déterminent chacun de nous et indiquent une façon de voir la réalité. Elles donnent forme à notre intelligence. C’est à travers elles que nous voyons les autres différents. Nous croyons à une hiérarchie des langues. Les Grecs, par exemple, désignaient les étrangers dont ils ne maîtrisaient pas la langue par le terme « barbaroi ». Tel est le cas des Fang avec le terme « biloblob », langue inarticulée, incompréhensible. A ce sujet, il évoque la sacralisation des langues des peuples qui pratiquaient les religions monothéistes. Or, à sa connaissance, aucune langue n’est plus sacrée qu’une autre. Aucune langue n’est au-dessus des autres. La langue permet de découper et de conceptualiser le monde. Notre langue nous guide efficacement pour parler d’autres langues. Toutes les langues sont égales. Mba Abessole fait toutefois remarquer que cette façon de voir les choses laisse beaucoup de personnes sceptiques parce que nourries par certains préjugés.

Le conférencier égrène un chapelet de préjugés dont sont victimes nos langues. Il note que beaucoup de personnes sont convaincues que nos langues sont pauvres, empiriques, inaptes à la science. Elles sont orales. Les récits sont encombrés d’ajouts. D’où la nécessité de l’écriture. Cette oralité a fait dire à certains que nos peuples étaient sans histoire. Nos langues seraient empiriques parce qu’elles ne rendraient  compte que des expériences plus immédiates. Nos langues seraient prélogiques. Il n’y aurait aucune logique scientifique. Nos langues ne permettraient pas de progrès. Aux dires du  conférencier, nous sommes formatés par ces préjugés.

Pourtant, poursuit-il, les langues gabonaises sont des vraies langues. Elles sont plus anciennes que la langue française dont les premiers textes datent du IXème siècle. C’est donc à ce moment que la langue vulgaire passa à l’écriture. Il a fait observer que les Occidentaux ont été vaincus par une seule langue : le latin. Les Français, les Espagnols, les Portugais sont des peuples vaincus qui ont abandonné leurs cultures. C’est ce qui expliquerait, selon le conférencier, leur comportement agressif et leur état psychologique avec leurs différentes fissures. Or nos langues ont été créées par nous-mêmes. Nous sommes les inventeurs de nos langues qui ignorent les genres. L’homme et la femme ont le même genre. D’autres critères permettent de les différencier. Il n’y a donc pas de discrimination dans nos langues. Il y a des noms pour les femmes et des noms pour les hommes. La femme n’abandonne pas son nom de jeune fille après le mariage. Mba Abessole estime que tous ces faits auraient dû marquer les Occidentaux. Nos langues sont porteuses et génératrices de science et des lieux de développement intellectuel. Elles témoignent des évolutions de notre passé. Ce sont des supports de nos traditions séculaires. Elles disent leur environnement, nomment les rivières, les plantes, les oiseaux, des lois du mouvement, etc. Elles donnent une charpente à notre intelligence. Chaque langue est une méthode scientifique d’accès au savoir. Elles constituent les matrices de nos types de pensée. Elles offrent des possibilités d’analyses scientifiques. A ce sujet, le conférencier s’est inspiré de l’histoire de l’éléphant qui avait laissé tomber le chou palmiste dans l’eau. A cause de sa méconnaissance de l’environnement, sa force qui l’empêche de réfléchir, l’éléphant éprouve des difficultés à retrouver le chou palmiste. Connaissant les réalités de son milieu, la grenouille lui demande de patienter, d’attendre que l’eau trouble s’éclaircisse pour retrouver plus aisément son chou palmiste. Il faut connaître son environnement pour maîtriser les choses. Pour mettre en valeur la richesse de nos langues, Paul Mba Abessole part de l’exemple de certains mots fang qui ne s’emploient qu’au pluriel. C’est le cas des mots qui désignent les liquides. Cela cache, d’après lui, plusieurs éléments qui permettent de mieux comprendre les choses. L’eau (mendzim en fang) est constituée de plusieurs éléments (oxygène et hydrogène). L’usage du pluriel pour les mots qui désignent les liquides laisse penser que ces liquides sont constitués de plusieurs éléments. Tout ce qui précède ne permet pas des complexes. Aussi le conférencier estime-t-il que des découvertes importantes pourraient être faites si nous maîtrisons nos langues qui sont génératrices de modernité. Par ailleurs, il est persuadé que notre avenir est dans nos langues. Pour ce faire, nous devons utiliser les moyens qui sont à notre disposition. Il s’agit par exemple de l’espace familial qui doit être le premier espace d’expression de nos langues.

Le conférencier propose, en outre, l’apprentissage de nos langues à l’école, la rédaction des instruments d’apprentissage de celles-ci, l’organisation des concours annuels d’expression orale, la création d’un cadre d’apprentissage de nos langues. Tout cela nous permettra de rendre le Gabonais à lui-même pour aboutir à un développement qui respecte sa culture, ce qu’il est.

 

PENSEE DE : FOUCAULT

 

« Au lieu d’être une chose dite une fois pour toutes […] l’énoncé, en même temps qu’il surgit dans sa matérialité, apparaît avec un statut, entre dans des réseaux, se place dans des champs d’utilisation, s’offre à des transferts et à des modifications possibles, s’intègre à des opérations et des stratégies où son identité se maintient ou s’efface. Ainsi l’énoncé circule, sert, se dérobe, permet ou empêche de réaliser un désir, est docile ou rebelle à des intérêts, entre dans l’ordre des contestations et des luttes, devient thème d’appropriation ou de rivalité. » (Archéologie du savoir, p. 145)

 

CONFERENCES EN VUE :

 

-          L’importance de l’apprentissage des langues nationales (animée par le Père Paul Mba Abessole à Nzeng Ayong, le samedi 21 juillet 2012 à 16h).

-          La pratique démocratique au village : exemple de la chasse collective au filet (animée par Ndoumba Pierre, au siège du RPG sis à Petit-Paris, date et heure à préciser).

 

Lire Minlan c’est bien, mais faire lire Minlan c’est mieux.

 

 

LA REDACTION

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