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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 15:36

Cette problématique n’est pas nouvelle. D’autres, avant nous se sont posés cette question et se la posent encore. Peut-être ont-ils trouvé la réponse. Un leader politique de notre pays avait longuement disserté sur cette question. Au terme de sa réflexion, il a conclu que notre pays n’était pas encore une république, au regard de son constat. Certains compatriotes ont rué dans les brancards à la suite de ce triste constat. Nous allons réexaminer la question. Il faut d’abord dire que si la démocratie fait du peuple le fondement du pouvoir, elle n’en indique pas vraiment le rôle. La République, dont la finalité est la recherche du bien commun, fixe quant à elle, une référence qui va plus loin que la démocratie. Tout comme pour la démocratie, la souveraineté, l’égalité et la liberté sont les principes de la République. Alors que la démocratie favorise la diversité et accorde une place spécifique aux particularismes qui composent une  société, la République, par contre, recherche en permanence l’intérêt commun au-delà de ces particularismes. En somme, la République est à la recherche de l’unité. En d’autres termes, la République met en avant l’intérêt général, sans étouffer les intérêts particuliers. La diversité culturelle, protégée et garantie, peut s’exprimer dans la sphère publique. Comme vous le constatez, pour être une République, un pays doit d’abord être une démocratie. Or, dans notre précédente parution intitulée, « Le Gabon et la Démocratie », nous avions dit que le Gabon ne remplissait pas toutes les conditions d’un pays démocratique compte tenu des lacunes relevées. Plus haut, nous avons signalé que la République va plus loin que la démocratie. Il tient compte des intérêts particuliers et de l’intérêt général. Elle est à la recherche de l’unité, de tout ce qui peut rassembler. Elle a pour objectif de réduire les tensions entre les concitoyens, car ce qui est bon pour l’ensemble des citoyens l’est aussi pour chacun d’entre eux. Les attaques contre l’intérêt général (privatisation des services publics) qui sont aujourd’hui fondées sur des doctrines économiques (comme la liberté du marché) se heurtent aux principes de la République, mais s’accommodent très bien de la démocratie. L’école, le seul endroit libre pour l’émancipation de l’individu, est en crise par manque de moyens. Ce qui met la République en danger. La mode est aujourd’hui à la dévalorisation des enjeux collectifs, de l’intérêt public ou commun au profit de la valorisation débridée de la sphère privée, perçue comme un bunker des libertés.

A titre de rappel, dans notre pays, ce sont les intérêts d’une minorité qui sont privilégiés. C’est la loi du  « plus fort » qui prévaut, c’est-à-dire celle de celui qui dispose de la force publique, de l’ensemble des institutions du pays. Cette mise en avant de l’individualisme favorise les replis identitaires, générateurs de conflits.

Au total, dans notre pays l’Etat est au service d’un individu. Or, la République exige qu’il soit au service de tous. Finalement, le Gabon ne saurait être considéré comme une République. Notre challenge est de mettre en place, dans notre pays, une République, gage de paix et de développement. C’est cela qui peut favoriser le décollage du Gabo

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