8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 14:19
Le terme de paysage n’a pas toujours eu le même sens. Sa définition a évolué avec la discipline. L’école vidalienne met l’accent sur le concret. Cette pédagogie de l’aspect recherche une certaine objectivité. Le paysage doit être, selon cette école, quelque chose de visible, d’observable. Ce qui rend cet objet géographique statique. Il n’y a aucune vision dynamique. Il suffit, pour ce courant de pensée, de regarder autour de soi pour faire de la géographie. Avec le temps, quand la géographie place l’homme au centre de ses préoccupations, il y a une prise en compte de la représentation de celui-ci et du rôle qu’il joue dans la dynamique de ce paysage. Car ce dernier porte les marques de l’homme qui l’habite avec ses pratiques dont il est le support. L’homme encadre l’espace. Autrement dit, il l’aménage en fonction des outils dont il dispose. Cet homme a un projet qui va s’inscrire dans le paysage. Cela donne une nouvelle dimension au paysage. Il n’est plus statique. Il devient dynamique. Il est vu et perçu. Il y a donc prise en compte de la subjectivité dans la présentation que le géographe fera du paysage. Pour un même paysage, on pourra avoir plusieurs représentations. Ainsi, une forêt, dans la perception d’un européen, constitue un obstacle pour l’africain. Mais, l’européen oublie souvent que ce dernier a une représentation particulière de la forêt. En effet, pour l’africain, la forêt constitue une source de richesses sur tous les plans. Elle est nourricière. De plus, elle peut avoir, sur le plan mystique, un caractère sacré. Elle est souvent le siège des génies protecteurs. La dimension abstraite est prise en compte, de telle sorte que l’on peut parler d’un paysage visible et invisible. On parle aussi du paysage politique et du paysage électoral. Compte tenu de cette complexité, il est nécessaire de donner les contextes d’usage du paysage et d’identifier avec les apprenants le noyau dur de ce concept. La prise en compte de la diversité des contextes d’utilisation du concept de l’espace doit nous amener à prendre conscience de la nécessité d’une vision binoculaire des faits géographiques. La présentation du paysage dépend de la représentation du géographe qui le fait. En définitive, comme le dit Maryse Clary, « l’espace géographique sera donc défini comme un espace social. Il n’a de réalité que dans l’interaction société-espace et espace société. Les objectifs de la construction du savoir géographique à l’école, au collège, au lycée seront d’analyser (localiser, décrire, expliquer) les deux faces d’une même réalité géographique : - la face territoriale (physique, aménagée, construite) ; - la face sociale (projet, organisation, fonctionnement de la société) La face territoriale est le champ de l’observation géographique, la face sociale est le domaine de l’explication géographique ». Léonard MBA ESSOGHO

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