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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 20:47

Reseau CPM Afrique

 

 

Avant tout, je voudrais apporter une précision. Elle est relative au MO.RE.NA dit de MBA ABESSOLE. Je ne veux pas que cette formation porte mon nom, car je ne suis qu’un passant ; elle doit plutôt s’appeler le MO.RE.NA des Bûcherons.

Quant à mon intervention proprement dite, elle se fera en deux points : la philosophie de cette conférence et les préalables énoncés par la quasi-totalité des associations à caractère politique.

1-    La philosophie de cette conférence

Cette conférence n’est pas une réunion d’affrontement, mais de conciliation, de réconciliation. Nous devons donc éviter d’avoir de nos hommes politiques une vision manichéenne. Il y aurait d’un côté, les bons et de l’autre, les mauvais. Les hommes politiques sont responsables des uns et des autres. Nous sommes tous gabonais à part entière avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.

2-    Les préalables

Compte tenu de la philosophie et de l’importance de cette conférence, certains actes doivent être posés à son occasion pour lui donner une crédibilité. La réponse aux préalables posés par la majorité des associations peut se faire sur deux plans.

S’agissant des prisonniers et des exilés politiques, mon expérience de lutte pour les prisonniers politiques depuis 1982 m’a montré que les organisations internationales des Droits de l’Homme les distinguent en deux groupes.

a.     Le délit d’opinion

Le délit d’opinion est une prise de position politique ou religieuse contraire à l’idéologie en place. Seul celui qui tombe sous le coup de ce délit est considéré par l’opinion internationale, comme prisonnier politique au sens strict. Les organisations internationales de la défense des droits de l’homme, comme AMNESTY INTERNATIONAL, exigent des précisions sur ce point avant de s’occuper d’un prisonnier politique. On pose toujours habituellement la question de savoir si le prisonnier n’a pas eu recours à la violence. Je ne sache pas qu’il ait actuellement au Gabon des prisonniers de ce type.

b.     Les putchistes

Les putchistes sont, par définition, ceux qui ont eu recours à la violence. Je m’étonne que personne que personne, dans cette salle, n’ait prononcé les noms de Pierre MAMBOUNDOU ni celui de MIHINDOU mi NZAMBA, ni quelques autres noms des prisonniers de ce type. J’ai pu rencontrer quelques épouses de ces derniers.

Il ne semble pas que les putchistes puissent être considérés comme des prisonniers politiques du fait qu’ils aient voulu utiliser la violence.

c.      Les exilés

Nos exilés sont Max Anicet KOUMBA MBADINGA, Adrien NGUEMA ONDO, M. l’Abbé Joseph MINTSA, Joseph MINKO.

A présent que le régime se libéralise, leur problème reste essentiellement humain. Ils ne peuvent venir que dans la mesure où ils ont les possibilités de vivre normalement. Il ne suffit donc pas de les appeler ici, il faut qu’ils aient encore un emploi sur place au Gabon.

Max Anicet KOUMBA n’a pas de travail à Paris, il n’en aura pas non plus ici. Que peut-il devenir s’il rentrait ?

M. Adrien NGUEMA ONDO a une affaire qui marche ou pas. Il lui est difficile de la laisser tomber du jour au lendemain pour le seul plaisir de revenir dans son pays.

d.     Les associations socio-professinnelles

Je crois qu’à propos de ces associations, il faut d’abord une précision. Elles ne se forment pas autour d’une idée politique mais autour des professions. Elles regroupent des gens de différentes opinions politiques. Théoriquement, on ne peut donc pas leur demander de donner un point de vue politique commun.

Toutefois, compte tenu de la situation exceptionnelle que nous vivons, on peut accorder aux associations socio-professionnelles une voix délibérative, puisque, lors de l’élection du bureau, elles avaient pris part aux délibérations par leur représentant. Cela dit, il ne faut pas considérer ces préalables comme dirimants, c’est-à-dire qu’ils constituent une condition sine qua non de la tenue de la conférence.

Pour s’en sortir, je fais une proposition. Il est tout à fait possible à la conférence de faire des recommandations au Président de la république, notamment en ce qui concerne les putchistes. La conférence peut demander au président de la République de pardonner à ces derniers puisque le pardon est sa « meilleure vengeance ». Ce pardon contribuerait certainement à instaurer la paix dont le pays a besoin pour instaurer la démocratie multipartiste.

                                                      Libreville, le 24 mars 1990

                                                            Paul MBA ABESSOLE

 

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