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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 23:42

 

Ce Congrès est celui du choix de notre candidat aux futures élections présidentielles. Les conditions en sont aujourd’hui réunies. Car nous connaissons maintenant nos alliés et nous pouvons agir en toute quiétude.

Je n’ai pas besoin de vous dire les critères de choix de notre candidat ; nous sommes suffisamment imprégnés de l’idéologie de notre Parti pour savoir comment choisir. Je laisse donc chacun décider en son âme et conscience.

En revanche, je voudrais profiter de cette occasion pour vous présenter une partie des quatre dont se compose notre projet de société. Cette partie est, en effet, celle qui inspire toutes les autres dont vous pouvez prendre connaissance dans les fascicules qui sont en vente.

Il s’agit de l’ambition fondamentale du Rassemblement National des Bûcherons. Je signale toutefois que ce projet, bien qu’inspirateur du programme du candidat, n’en est pas moins différent.

Notre ambition veut faire du Gabon un pays de liberté, un modèle de démocratie et de développement capable de s’imposer comme locomotive de l’Afrique. Nous voulons que le Gabon soit un pays libre et respecté.

Le Gabonais, selon nous, est libre de dire et d’écrire ce qu’il estime juste. Nous dénonçons toute censure imposée de l’extérieur. Certains réclament des lois pour gérer cette liberté. Nous pensons que c’est prématuré. Nous sommes pour que le Gabonais fasse l’expérience d’une liberté totale de dire et d’écrire ce qu’il veut. Avant cette expérience, toute loi ne peut être que répressive. On ne peut ni ne doit légiférer ce qui n’existe pas encore. Nous disons que si loi il doit y avoir, elle doit aller dans le sens non de la limitation, mais de la protection et du développement de la liberté et des libertés.

Certains ont peur qu’on aboutisse à une société permissive. Cette crainte n’a pas de raison d’être, car une société est permissive quand elle accepte tout sans contradiction. Or, ce que nous prônons c’est de laisser la liberté à tous d’apporter des contradictions s’ils le jugent nécessaire. C’est dire qu’on a toujours le droit de réponse si on estime qu’on a été lésé. La vérité ne peut pas s’identifier à un point de vue, mais au lieu de rencontre de plusieurs points de vue. Notre défense de la liberté totale témoigne de notre recherche passionnée de la vérité.

Le Gabonais est aussi libre d’établir des relations avec qui il veut, d’avoir des liens privilégiés avec les pays de son choix. C’est seulement dans un contexte de liberté qu’il pourra avoir un comportement digne à l’intérieur et à l’extérieur de son pays. Ainsi tout le monde le respectera-t-il.

Etre libre, c’est respecter les différences ethniques, religieuses et raciales et y voir une source inépuisable d’enrichissement personnel et collectif.

Nous invitons les Gabonais à se mettre ensemble pour instaurer une société démocratique. De la sorte, ils pourront extirper de leur pays tout arbitraire. Dans ce sens, il faut travailler pour l’avènement d’un Etat de droit au sein duquel tous seront égaux devant la loi. Nous sommes décidés à donner à chaque institution les moyens nécessaires et suffisants pour fonctionner de manière autonome et pour exercer pleinement ses compétences.

Par là, nous voulons faire émerger un modèle de démocratie, la démocratie participative. Cela veut dire qu’à tous les niveaux, depuis les villages jusqu’aux villes et dans tous les rouages de l’Etat la volonté du citoyen s’exprime dans le choix des responsables politiques comme dans le contrôle des décisions qui engagent ses intérêts et son avenir.

La démocratie participative signifie aussi :

-         assainir les mœurs politiques en les désacralisant ;

-         exercer le pouvoir non pas en dominateur, mais en serviteur du Bien Commun ;

-         instaurer la transparence dans la gestion de la chose publique, d’où la nécessité d’un système de contrôle au carré, c’est-à-dire le supérieur a les moyens de vérifier ce que fait l’inférieur et vice versa ;

-         solliciter l’avis des experts nationaux dont la compétence est unanimement reconnue pour les grandes décisions qui engagent l’avenir de la nation ;

-         faire appel à des personnalités indépendantes issues de la société civile.

Nous voulons, en définitive, proposer à toute l’Afrique un modèle de développement adapté aux réalités de notre pays. Nous sommes partisans d’une société d’économie mixte. Nous préconisons, en matière économique, un système libéral, mais un libéralisme à visage humain. Qu’est-ce à dire ?

Cela veut dire que nous avons la ferme volonté de travailler à :

-         satisfaire les besoins essentiels des gabonais, tout en préservant des tensions sociales graves et des déséquilibres profonds ; pour cela, il faut prendre le temps nécessaire à l’acceptation et à l’assimilation des réformes ;

-         laisser une large initiative au secteur privé, grâce à la mise en place d’un cadre concurrentiel équitable ;

-         mettre des garde-fous pour permettre à l’Etat de coordonner la vie économique nationale, pour éviter les abus et les dérapages possibles, pour arbitrer les conflits éventuels et pour renforcer l’économie de marché ;

-         promouvoir un cadre concurrentiel en fixant les règles du jeu économique et social, sans lesquelles il n’y a pas de vraie liberté et de vraie concurrence.

 

Au plan social, nous voulons mettre en place une solidarité nationale par la mise en œuvre d’un système de redistribution en faveur des couches sociales les plus défavorisées.

L’accent sera d’abord mis sur l’éducation et la formation pour permettre à tous les Gabonais d’accéder au savoir et d’avoir une qualification leur permettant de trouver un emploi valorisant. Dans ce sens, nous voulons élaborer un système éducatif qui assurera à tous la gratuité de l’enseignement de base. Des centres de formation pour les handicapés y seront intégrés pour permettre à ces derniers de s’insérer plus facilement dans la vie active.

Nous envisagerons aussi un système de santé dont les soins de base seront également gratuits et une couverture sociale. Une attention particulière sera portée sur la mère et l’enfant dans le cadre d’une politique nataliste destinée à combler le déficit de population auquel est confronté le Gabon.

Au plan culturel, nous visons l’équilibre entre le travail et les loisirs pour rendre la vie agréable et pour réconcilier le Gabonais avec sa culture traditionnelle.

A cet égard, nous voulons nous employer à :

-         revaloriser notre patrimoine perverti et dévoyé par des pratiques aberrantes ;

-         favoriser le brassage des différentes cultures nationales afin qu’elles soient connues par d’autres peuples ;

-         initier l’apprentissage des langues nationales dont on sait qu’elles sont capables de dire scientifiquement notre environnement.

Voilà les idées de fond du changement que nous préconisons. Pour le réaliser, nous avons besoin de toutes les bonnes volontés. Tout le monde peut y apporter sa contribution. Il n’est pas nécessaire d’avoir un diplôme pour participer à cette œuvre exaltante. Il suffit d’être intelligent, et l’intelligence se moque du diplôme. Aucun objectif ne nous est inaccessible. Notre détermination est capable de transformer les utopies en réalité.

Je suis, pour ma part, persuadé que ce que nous avons commencé ensemble, il y a trois ans, va prendre véritablement forme dans quelque temps. Ce congrès Extraordinaire est l’inauguration de bien des choses à venir. Je le déclare ouvert.

 

                                                                             Libreville, le 9 octobre 1993

                                                                                 

                                                                                     Paul MBA  ABESSOLE

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